‹ Œuvres oratoires de Bossuet (volume 2)Chapitre 155 sur 552 · Var. : il n'y a point d'homme. pense · texte numérisé non relu

Var. : il n'y a point d'homme. pense

cesse de nous agiter et de nous ôter ^ noire meilleur, en nous engageant d'affaire en affaire, avec un empressement qui ne finit pas? Un p[rincijpe^ très véritable, mais mal appliqué, nous jette dans cet embarras : la nature même nous enseigne que la vie est dans l'action. Mais ^ les mondains, toujours dissipés, ne connaissent* pas l'efficace de cette action paisible et intérieure qui occupe l'âme en elle-même ; ils ne croient pas s'exercer ^ s'ils ne s'agitent, ni se mouvoir s'ils ne font du bruit : de sorte qu'ils mettent la vie dans cette action empressée et tumultueuse ; ils s'abîment ^ dans un commerce éternel d'intrigues et de visites, qui ne leur laisse pas un moment à eux ^, et ce mouvement perpétuel, qui les engage en mille [p. iv] contraintes, ne laisse pas de les satisfaire *, par l'image d'une liberté errante. Comme un arbre, dit saint Augustin, que le vent semble caresser en se jouant avec ses feuilles et avec ses branches ; bien que ce vent ne le flatte qu'en l'agitant, et le jette' tantôt d'un côté et tantôt d'un autre, avec une grande inconstance, vous diriez toutefois que l'arbre s'égaye par la liberté de son mouvement ; ainsi, dit ce grand évêque, encore que les hommes du monde n'aient pas de liberté véritable, étant presque toujours contraints de céder au vent qui les pousse^", toutefois ils s'imaginent jouir d'un certain air de liberté et de paix, en promenant deçà et delà leurs désirs vagues et incertains : Tanquam olivse pendentes in arbore, ducentibus ventis,

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