‹ Œuvres oratoires de Bossuet (volume 2)Chapitre 213 sur 552 · Var, ; les agréments immortels réparer un oubli · texte numérisé non relu

Var, ; les agréments immortels réparer un oubli

de... IG. Raturé : songé.

27G CARÊME nu LOI VRE.

éternité? où avons-nous songé cette infinité'? O éternité! ô infinité! dit" saint Augustin ', que nos sens ne soupçonnent pas seulement ■*, par où (lonc ^ es-tu entrée dans nos âmes ? Mais si nous sommes tout corps et toute matière, comment pouvons-nous concevoir un esprit pur ? et comment avons-nous pu seulement inventer [p. vi] ce nom ?

Je sais ce que l'on peut dire en ce lieu, et avec raison : que, lorsque nous parlons de ces esprits^, nous n'entendons ^ pas trop ce que nous disons. Notre faible imagination, ne pouvant soutenir une idée si pure, lui présente toujours quelque petit corps ^ pour la revêtir. Mais, après qu'elle a fait son dernier effort pour les rendre bien subtils et bien déliés, ne sentez-vous pas * en même temps qu'il sort du fond de notre âme une lumière céleste qui dissipe tous ces fantômes, si minces eh si délicats '" que nous ayons pu les figurer? Si vous la pressez davantage, et que vous lui demandiez ce que c'est, une voix s'élèvera " du centre de l'âme : Je ne sais pas ce que c'est, mais néanmoins ce n'est pas cela. Quelle force, quelle énergie, quelle secrète vertu sent en elle-même cette âme, pour se corriger, pour se démentir elle-même et rejeter tout ce qu'elle pense '^ ! Qui ne voit qu'il y a en elle un ressort caché '^ qui n'agit pas encore de toute sa force, et lequel, quoiqu'il soit contraint, quoiqu'il n'ait pas son mouvement libre, fait ])ien voir par une certaine vigueur qu'il ne tient pas tout entier a la matière et qu'il est comme attaché par sa pointe à quelque principe plus haut '^ ?

[P. Vil] Il est vrai, C'iirétiens, je le confesse, nous ne soutenons pas longtemps cette noble ardeur'"'^; l'âme

1. RaUiré ; imœenf [ité]. 10. Eatnres : si subtils et si dé[li-

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