Var : dans la cliair. temps h
SUR l'efficacité de la pénitence. 307
tifiée? Mais nulle force ne peut égaler celle de l'Esprit Cjui nous pousse, [p. 11] S'il faut fondre de la glace, il fera souffler son esprit, lequel, comme le vent du midi, relâciiera la rigueur du froid, et du cœur le plus endurci sortiront les larmes de la pénitence : Flab'it spiritiis ejiis [et fluent iiquit'] ^ ; c[ue s'il faut faire encore un plus grand effort, il envoiera son esprit de tourbillon, qui pousse violemment les murailles : Quaf<i turbo irnpellens parictcm ' , son esprit qui renverse les montagnes et qui déracine les cèdres du Liban : Spiritus grandis et fortis siibvertens montes^. Madeleine, abattue'* par la force de cet esprit, n'ose plus lever cette tête qu'elle portait autrefois si haute pour attirer les regards ; elle renonce à ces funestes victoires '' qui la mettaient dans les fers *^ : vaincue et captivée elle-même, elle pose toutes ses armes aux pieds de celui qui l'a conquise ; et ces parfums précieux, et ces cheveux tant vantés, et même ces yeux trop touchants, dont elle éteint tout le feu dans ses larmes^. Jésus-Christ l'a vaincue, cette malheureuse conquérante; et parce qu'il l'a vaincue, il la renrl victorieuse d'elle-même et de toutes ses passions.
Ceux qui entendront cette vérité, au lieu d'accuser leur tempérament, auront recours à Jésus, qui tourne les cœurs où il lui plaît. Ils n'imputeront pas ^ leur naufrage à la violence de la tempête ; mais ils tendront les mains à celui dont le Psalmiste a chanté « qu'il bride la fureur de la mer, et qu'il calme quand il veut ses flots agités : Tu doiiiinaris potestaii [maris, motum aiitem fluctuum cjus lu mitigas^^. »
[P. 12J II se plaît d'assister les hommes; et autant cjue sa grâce leur est nécessaire, autant coule-t-elle vo-