‹ Œuvres oratoires de Bossuet (volume 2)Chapitre 278 sur 552 · Is.. XLV, 1, 2. L'orateur ne prenait que les pensées · texte numérisé non relu

Is.. XLV, 1, 2. L'orateur ne prenait que les pensées

r>. En marge : Hœc dicit Dominut 6. Yar. : transporterai où il me

Chritto meo Cyro, ciij'is appreheiidi plaira, comme on ferait un roseau.

dexteram... Ego ante te tbo:... dorsa 7. Le latin en marge, par extraits :

ngiim veriam ;... rjloriosns terrœ hu- Sicut movfri solet ornvdn; et erelld

miliabo ; portas œreas confrtom. et Israël.... et ventiiabiteostrant^umen

vectes/'erreos confrivffam (Is, XLv, (III Reg, Xiv, 15).

vertige, qui fait errer VÉgypte incertaine, co^nnie iiu homme enivré ' : en sorte qu'elle s'égare tantôt en des conseils extrêmes qui désespèrent, tantôt en des conseils lâches qui détruisent toute la force de la majesté. Et même lorsque les conseils sont modérés^ et vigoureux, Dieu les réduit en fumée par une conduite cachée et supérieure ; parce qu'il est profond en pensée", terrible en conseils par-dessus les enfants des hommes * ; parce que ses conseils étant éternels ", et embrassant dans leijr ordre toute l'universalité des causes, « ils dissipent avec une facilité toute-puissante les conseils toujours incertains des nations et des princes : Doininus " dissipât consilia gentium, reprobat autem cogitdtiones populontm, et reprobat consilia principum "' ».

C'est pourquoi un roi sage, un roi capitaine, victorieux, intrépide, expérimenté, confesse à Dieu humblement que c'est « lui qui soumet ses peuples sous sa puissance : Qui subdit populum meum sub me **.» Il regarde cette multitude infinie connue un abîme immense, d'où s'élèvent quelquefois des flots qui étonnent les pilotes les plus hardis. Mais, comme il sait que c'est le Seigneur qui domine à la puissance de la mer et qui adoucit ses vagues irritées ^, voyant son état si calme qu'il n'}- a pas le moindre souffle qui en trouble la tranquillité: « O mon Dieu, [dit-il, j vous êtes mon protecteur ; c'est vous qui faites fléchir sous mes lois ce peuple innombrable : Protector meus, et in ipso spC' ravi '" ».

[P. 0] Pour établir cette puissance qui représente la sienne, Dieu met sur [le] front des souverains " et sur leur visage une marque de divinité. C'est pourquoi le patriarche Joseph ne craint point de jurer par la tête

1. En marge: Miscuit in medio du discour?, tours ces testes finissent p;'/.* gpirilum vertigtnis : et errnrr par le rendre traînant et embarfecit {Usez : fecerunt) yEfft/ptum..., rassé.

iicat errât ebriuf et vomens (Is.,xix. tï. Celui-ci, au contraire, y cît placé

14). par Bossuct lui-même. Semblable-

2. Var. : sages. ment quelques lignes plus bas. X Ps. xci, 6. 7. Ps. XXXII. 10.

t. fbid.. LXV. r,. S. P.i. CXLIII. 3.

.5. En note : Confilium Dommi in 9. Var. : ses flot.^ irrités.

<rtfrnvm manot (Ps. xxxn, 11). — \6. Ps. CXLIII, 2.

Introduits de force dans la trame II. Var. ; sur leur front.

302 CARKME DU LOUVRE.

et par le salut de Pliaraon % comme par une chose sacrée ; il ne croit pas outrager celui qui a dit : Vous jurerez seulement au nom du Seigneur', parce qu'il a fait dans le Prince une image mortelle de son immortelle autorité. Vous êtes des dieux, dit David ^, et vous êtes tous enfants du Très-Haut. Mais, ô dieux de chair et de sang, ô dieux de terre et de poussière, vous inourrez comme des hommes. N'importe, vous êtes des dieux, encore que vous mouriez, et votre autorité ne meurt pas : cet esprit de royauté passe tout entier à vos successeurs, et imprime partout la même crainte, le même respect, la même vénération. .I/homme meurt, il est vrai ; mais le Roi, disons-nous, ne meurt jamais : l'image de Dieu est immortelle.

Il est donc aisé de comprendre que, de tous les hommes vivants, aucuns ne doivent avoir dans l'esprit la majesté de Dieu plus imprimée [p. 7] que les rois : car comment pourraient-ils oublier Celui dont ils portent toujours en eux-mêmes une image si vive, si expresse, si j:)réssnte ''P Le Prince sent en son cœur cette vigueur, cette fermeté, cette noble confiance de commander : il voit qu'il ne fait que mouvoir les lèvres et aussitôt que tout se remue d'une extrémité du royaume à l'autre. Et combien donc doit-il penser que la puissance de Dieu est active ! Il pénètre les intrigues "* les plus secrètes : Les oiseaux du ciel lui rapportent tout ^. Il a même reçu de Dieu, par l'expérience ' des affaires, une certaine pénétration qui fait penser qu'il devine : ûivinutio in labiis régis ^. Et quand il a pénétré les trames les plus secrètes, avec ses mains longues et étendues il va prendre ses ennemis aux extrémités du monde, et

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