‹ Œuvres oratoires de Bossuet (volume 2)Chapitre 306 sur 552 · PARMI LES CHRÉTIENS · texte numérisé non relu

PARMI LES CHRÉTIENS

Vers 1662.

L'étude attentive de l'écriture peut établir la date approximative de re canevas i. 11 est plus difficile d'en déterminer la destination. La dernière remarque indique qu'il a rapport à la prédication. Mais il ne s'y rapporte peut-être qu'indirectement. Nous étions tenté de le renvoyer aux l^ensées chtétieiines et morales, qu'à l'exemple de nos prédécesseurs, nous donnerons à la suite des Sermons. Elles se composent en grande partie, nous l'avons montré dans notre Histoire vritiqxie de la Prédic.a1io\ de Bossuet (cli. 1"), de notes prises dans la lecture journalière des Pères de l'Église ou de l'Écriture sainte. Ce n'étaient pas seulement des extraits ou des commentaires, mais des ébauches philosophiques ou oratoires, sous le titre de Remarques morales, ou sini])lement de ^^ orales. Elles pouvaient prendre une importance particulière, cjuand elles étaient tracées sous la préoccupation d'une station à fournir, à la ville ou à la cour. Supposant, mais sous réserves, que ce fragment, dont l'écriture ressemble à celle des Sommaires, préparait les prédications sur la Charité fraternelle el la société entre les hommes, pour la troisième semaine du Carême du Louvre (Cf. plus haut, p. 238), nous le plaçons ici comme une insuffisante compensation à la perte de ces trois discours.

Unité" des clirétiens. trois principes : de christiana ' religione, même foi ; de discipUnœ imitât e, même discipline ; (/(' spei fœdere, même esi)érance.

1. Ms. de M. Bérard des Glajeux, références, p. 45, p. 25, marquées à Paris. Inédit. plus loin. Les signes de renvoi, in-

2. En tête du feuillet, un 3/ suivi diqués ci-dessus, se rencontrent dans de deux signes de renvoi (une croix d'autres recueils de notes écrits par dans un cercle et une simple croix), Bossuet.

puis : p. 26, .ipoloff. Ttrtullien. Ce 3. Le texte de Tertullien est un

n'est pas une référence à une édi- peu différent : CojyHs sitHit<4- tZt cow-

tion de V Apologétique :1e texte visé, acicntia rtUgionis, et disciplines uni-

appaitenant au chap. xxxix de cet late et spei fœdere. Bossuet écrivait

opuscule, ne saurait se trouver à la souvent dans ces extraits les mots

page 2G d'aucune édition. Mais il en abrégé, et en relisant rapidement

s'agit de la p. 20 d'un recueil d'ex- ses notes, il a probablement pris le

traits de Pères de l'Eglise faits par sigle de conscientia pour celui de

Bossuet II en est de même pour les christianu.

PRINCIPES DV. I/CMON l'Aintl I.KS CHRÉTIENS. 501

Même foi. (Jonihien cela nous doif unir. Mais elle doit produire la ('on('orn)ité dans les lunurs. A voir conmie les uns craignent les jugements de Dieu, [comme] les autres les méprisent, etc., peut-on croire que nous croA'ions la même chose t que nous ayons reçu le même baptême, fait les mêmes promesses, entré dans les mêmes engagements ? De iino igiwrantise utero...

Même discipline. Gouvernement ecclésiastique. T,es anciennes dévotions de l'Ëglise. En esprit d'unité, non dans un esprit scliismatique : Ego Poidi ; ego Cephse; ego Chrhti^. Ceux qui disent: Moi, je m'attache à l'Ëglise, à Jésus-Christ; conmie si les autres ne le faisaient pas ! Religieux ; autres : tout dan» cet esprit d'unité et de catholicité. //»/. 'Vui ordinci>, tui maghtratus et ipsiim cuiise nomen Eccles'ui est Christi, etc., p. 45. De Cor. milit. '.

Même espérance. Concourir dans la même espérance divise pour les affaires du monde : ongustiœ ch'itatis terrenœ ; unit pour celles de Dieu. Ici, spei fœJere, elle nous allie. Notre union durera plus que le siècle : c'est ce qui la doit affermir durant le siècle. N'avoir ])oint pour ennemis dans le temps ceux qui seront nos amis dans l'éternité. Combien, dans cette paix éternelle, nous nous rirons de nos vaines contentions ! Terminons îonc pour toujours toutes nos C(uorelles.

P(»ir Je .seeond point: De l'unité do la discipline, voyez S. Aug[ustinJ, T[ractJ. xi.xu in Joan[ncm\,

1. Cor. T, 12. Le texte plus com- référence, p. 45, se rapporte au replet est:... Effo quidem fum l'auli : cueil de notes.

ego autem Apollo ; ego vero Cephœ : 3. Référence à l'un des cahiers d à

ego autem Chrhti. Bossiiet uyait fait des extraiti des

2 De corona inilitis, c. Ilir. La Pères.

Sermons de Bossiiet. — IV,

ORAISON Fl'NKBRE DU V. P,orR(;oiXC,

A Paris, -i décembre l(jG2.

François Bourgoixg, né à Paris le 18 mars lâS"), entra clans la Congrégation de l'Oratoire le jour même de sa f(jiulation, 10 novembre 1611. Il était alors, depuis deux ans, curé de Clioliy, près de Paris. Le P. tle Bérulle le fit professeur au séminaire fondé à Paris par le cardinal de Joyeuse et confié par lui aux Prêtres de l'Oratoire; et, bientôt après, il l'envoya fonder de nouvelles maisons à Nantes, à Dieppe, à Rouen, en Auvergne, et ailleurs. Ses talents de prédicateur, auxquels Bossuet rend hommage, contribuèrent efficacement au succès des missions qu'il eut à remplir. Après qu'il eut enseigné et prêché avec éclat dans plusieurs provinces de Prance, notamment à Lyon et à Toulouse, il fut chargé d'étendre la Congrégation jusque dans les l'ays- Bas. A la mort du P. de Contlren, successeur ilu cardinal de Bérulle, il fut élu à son tour supérieur général, en 1641. Il remplit cette charge pendant singt ans, et donna sa démission en

1661, un an avant sa mort, Sa vieillesse et ses infirmités ne furent pas la seule cause de cette détermination. Son autorité, qu'il tâchait de fortifier avec l'appui de Rome, non sans laisser voir, au dire de ses détracteurs, ce que son zèle avait d'activité entreprenante, était souvent battue en brèche, et toujours obligée à des luttes ouvertes ou à des habiletés cachées. L'esprit janséniste, qui déjà s'était insinué chez un certain nombre des siens, ne lui pardonnait pas sa déférence envers Rome en matière de discipline et de doctrine. Dès 16")3, il lui fallait adresser une circulaire à ses confrères i pour les exhorter à la soumission aux décisions du Saint Siège, et au maintien de la bonne intelligence avec les Pères Jésuites. Deforis, (pii, dans tout le reste, est bienveillant pour sa mémoire ^, n'hésite pas à prendre parti contre lui en faveur des indisciplinés nombreux et influents qui lui tinrent tête pendant dix ans. Quand il mourut, le 28 octobre

1662, les divisions qui régnaient dans l'Oratoire ne justifièrent que trop la résolution que prit Bossuet d'insister, dans l'oraison funèbre qui lui fut demandée, sur l'amour de l'unité, conformément à l'esprit primitif de l'institut. Il le fit discrètement, parce qu'il parlait devant les fidèles, et qu'il n'était pas à propos

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