‹ Œuvres oratoires de Bossuet (volume 2)Chapitre 383 sur 552 · Var. : qui ne dût lui donner la · texte numérisé non relu

Var. : qui ne dût lui donner la

508 SUR l'assomption

lui-même ; de sorte qu'il vint, enfin, s'étendant toujours, à une telle perfection, que la terre n'était pas capable de le contenir. Ainsi point d'autre cause de la mort de Marie que la vivacité de son amour.

Sauveur Jésus, allumez votre amour dans nos cœurs par une semblable impatience ; et puisqu'elle naissait en Marie de cette union intime que vous aviez avec elle, rassasiez-nous tellement de vos saints mystères, soyez tellement en nous par la participation de votre chair et de votre sano-, que, vivant plus en vous qu'en nousmêmes, nous ne respirions autre ciiosc que d'être consommés avec vous dans la gloire que vous nous avez

préparée

Troisième Point.

Cette ame sainte et bienheureuse attire après elle son corps ]iar une résurrection anticipée. C'ar, encore que ])ieu ait marqué un terme commun à la résurrection de tous les morts, il y a des raisons particulières qui l'obligent d'avancer le terme en faveur de la sainte Vierge. Le soleil ne produit les fruits que dans leur saison, mais nous voyons des terres si bien cultivées qu'elles attirent une influence et plus efficace et plus prompte. Tl y a aussi des arbres hâtifs dans le jardin de l'Époux, et la sainte chair de Marie est une terre trop bien préparée, pour attendre le terme ordinaire à produire des fruits d'immortalité.

J)eux choses font partie de son triomphe : la gloire de son âme par l'amour, la gloire de son corps par le rejaillissement de celle de l'âme. Aussi l'Ëcriture sainte cherche-t-elle des expressions extraoïd inaires ]i()ur nous représenter un si grand éclat, pour nous en tracei- (juelque image ^. A peine trouve-t-elle dans le monde assez de lumières, et il a fallu ramasser iout ce qu'il y a de lumineux dans la nature. Elle a mis Ja lune à scft picd-f, Icf! ctoilcs autour de hh tctc : le soleil la ])éuelre toute, et renvironne Je ses i-aiions ' : tant il a fallu de gloire et d'éclat pour orner ce corps virginal !

1. Si le manuscrit se retrouve, il comme on peut le craindre, une rauralieu ii-i de s'assurer si ce der- variante introduite dans le texte, nier membre de plirase n'est pas, 2. Apoc, xii, 1.

Après cela, chères âmes, je ne dois pas m'ctendre en un long' discours, pour vous décrire la magnificence du triomphe de la sainte Vierge. L'amour, qui la fait mourir, la fera aussi triompher. Je m'ouvrirais en ce lieu une trop vaste carrière, si j'entreprenais de vous raconter les grandeurs, les magnificences, les sublimités de i'amour. Je vous dirai seulement ce mot, que c'est à lui qu'il appartient d'élever les cœurs; car c'est lui qui nous fait dire : « Sursian corda : Le cœur en haut, le cœur en haut ! » C'est une doctrine du grand saint Thomas \ que ceux-là seront les plus élevés dans l'ordre de la gloire, qui auront eu sur la terre de plus violents désirs de posséder Dieu. La flèche qui part d'un arc bandé avec plus de force, prenant son vol au milieu de l'air avec une plus grande vitesse, entre aussi plus profondément au but où elle est adressée. De même l'âme fidèle pénétrera plus avant, si je puis parler de la sorte, dans l'essence même de Dieu, qui est le seul terme de ses espérances, quand elle s'y sera élancée par une plus grande impétuosité de désirs.

Mais, si l'amour de Marie a été si vif et si impétueux, combien a-t-elle dû s'unir intimement à celui qui faisait l'unique objet de son cœur et de tous ses désirs! Qui peut exprimer la gloire dont elle a été revêtue en entrant dans la joie de son bien-aimé ? Son triomphe n'est pas une vaine pompe. La puissance qui lui est donnée...

Faites ^ tout ce quHl vous dira ^.

Qu'elle se rende l'avocate, auprès de Dieu, de l'Église qui la réclame, et qu'elle détourne les malheurs qui menacent la chrétienté. Qu'elle protège du plus haut des cieux ce royaume très chrétien, qu'un roi juste et pieux ^ lui a consacré ; et qu'elle veille en ses bontés sur le roi son fils, qui renouvelle tous les ans ce don solen-

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