‹ Œuvres oratoires de Bossuet (volume 2)Chapitre 441 sur 552 · Ibid., LXVii, 3. 7 Var. : il sent · texte numérisé non relu

Ibid., LXVii, 3. 7 Var. : il sent

niilii ' .- Que rendrai-je au Seigneur pour tous les biens (|u'il m'a faits, » et à toute la nature humaine? Quel [le] victime, quel sacrifice lui ofl'rirai-je en action de grâces? lia ! poursuit-il avec le l'i-ophète, « Cciliccm salutavis accipiam ', Je prendrai le calice du Sauveur, )> je boirai le !nênie breuvage que Jésus a bu ; c'est-à-dire je me iemj)lirai, je m'enivrerai jde saj charité, par laquelle il a tant aimé la nature humaine. Je dilaterai mon cœur coinme il a dilaté le sien, etc. ; j'offrirai à ce Dieu amateur et conservateur des honnnes des victimes qui lui plaisent, des hommes sauvés et délivrés.

II cherche donc dans toute l'Église tous les infirmes, tous les malheureux, résolu de leur consaci-er ses affections et ses soins. Dieu lui fait arrêter les yeux sur ces misérables ca])tifs qui gémissent sous la tyrannie des mahométans. Il voit leur corps dans l'oppression, leur esj)rit dans l'angoisse, leur cœur dans le désespoir, leur foi même dans un péi'il évident. Il offre [p. !•] à Dieu leurs cris, leurs gémissements, les larmes de leurs amis, la désolation de leur famille. Peut-être ne le font-ils pas, peut-être sont-ils de ceux qui s'élèvent contre Dieu, même sous les cou}>s de sa main puissante ; serviteurs rebelles et opiniâtres, châtiés et non corrigés, frappés et non convertis, abattus et non humiliés, atterrés, comme dit David, sans être touchés de componction : Dissipât} ^unt, ucc compuncti^. C'est ce qui afflige son cœur. Quoiqu'il pense toujours à eux avec un empressement charitable, néanmoins, deux fois le jour et deux fois la nuit, il se présente pour eux devant la face de Dieu, et cherche aux yeux d'un Père si tendre les moyens de soulager ses enfants captifs.

Mes Frères, cet objet lugubre d'un chrétien captif dans les prisons des mahométans me jette dans une profonde considération des grands et épouvantables progrès de cette religion monstrueuse. O Dieu ! que le genre humain est crédule aux impostures de Satan ! O ! (|ue l'esprit de séduction et d'erreur a d'ascendant SU)' notre raison ! Que nous portons en nous-mêmes, au fond de nos cœurs, une étrange opposition à la vérité,

l.Ps. C5.V, 3. s. Ibid., xxxiv, 16. — Ms. : mu

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