‹ Œuvres oratoires de Bossuet (volume 2)Chapitre 58 sur 552 · l>c Ctv. Dci, lib. i, eau. XAXiii · texte numérisé non relu

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CARÊME DBS OARMKLITHS.

l'OlR L1-: VENDREDI SAINT.

15 avril 1G61.

TI rAf ptô f.irilo m lîossiiot <Io roprcndrr l*(riivrr rndr ri jnii";snnte ilc l'aimée pri'ccdeiite. Ainsi fera plus tard l'ourdalouc '■. Mais, (levant son nouvel auditoire, il était moins à propos de re- Tcnir aux accents pathétiques, nécessaires pour émouvoir la dureté des mondains, que de pénétrer avec les âmes mystiques jusqu'aux plus intimes profondeurs du mystère. C'est la Passion, telle qu'une haute piété aimera à la méditer dans le secret ; elle peut aussi enseigner aux penseurs le fond même de notre sainte religion 2.

SoMMAiRK ■''. Jéaun-Christ crucifié, science dn snhit.

( i^^ point.) Jésus-Christ a tout peso dans une [juste*] balance, n estimé ce qu'il fallait estimer et mis le prix à tontes choses (p. 2, 3).

Le monde est crucifié et effacé par la mort de Jésus Christ ; il l'a couvert de l'horreur de sa croix (p. 14).

Envie crwelie ; orgueil moqueur. I.e plaisir de l'envie, c'est la cruauté; le triomphe de l'orgueil, c'est la moquerie (p. 16).

Ignominie de Jésus-Christ est la principale partie do sa croix : Confuaionc contcnipta. — Tmprnperium, etc. (p. Ifi) . (''est donc elle dont il faut principalement se revêtir : Kxcam}ts... extra castra, improperiinn ejus portantes. — Nous sommes baptisés en cette infamie (p. 17, 18) .

(2^ point.) I/homme est un prodige. — S'admire, et ne se connaît pas. Il faut lui donner des leçons pour s'estimer (p. 1, 2). — Il apprend à s'estimer ce qu'il vaut par le prix dont il a été racheté (p. 2). O anima, érige te : tanti raies.

Combien nous sommes estimables si nous savons nous peser avec ce prix (p. 13, 14, 15, 16). — Combien nous sommes à Jésus- Christ par 'cet achat (p. 17, 18).

(3^ point.) Malédiction de Dieu ; ce que c'est (b, c, cl, etc.) — Consolation aux justes affligés ; que Dieu ne les abandonne pas

(e, fj- , ,

Pénitence de Jésus-Christ, douleur immense (n). La nôtre à son imitation (q).

1. Sévigné, Lettre du 1" mai 1680. le vendredi s.oint de 1660.

2. Ms. fr. 12823, fo 280-311. In-4, 4. Ms. : chose. — Distraction avec marge. amenée par le mot de la fin de la

3. F" 268, avant le sermon pour phrase, déjà présent à l'esprit.

Satisfaction de Jésus-Christ par l'obéissance. La principale partie de la satisfaction, c'est une acceptation volontaire (r, s). Cri de Jésus-Christ (t, u).

Non enim judicavi ?ne scjre aliquid inter vos, niai Jcnuin Christum, et h une crucifix um.

Je n'ai pas jugé que je susse autre chose parmi nous, sinon Jésus-Christ, et lui crucifié.

(I Cor., II, 2.)

Quelque étude que nous ayons faite pendant tout le court) de notre vie, et quelque soin que nous a} ons pris d'enrichir nos entendements par la connaissance du monde et des affaires, ou par celle des arts et de la nature, il faut aujourd'hui. Chrétiens, que nous fassions sur le Calvaire profession publique d'une sainte et bienheureuse ignorance, eu reconnaissant avec l'Apôtre, (levant Dieu et devant les hommes, que toute la science (jue nous possédons est réduite à ces deux paroles : Jé- !>us, et lui crucifié. Nous ne devons point rougir de cette ignorance, jjuisque c'est elle qui a triomphé des vaines subtilités de la sagesse du monde, et qui a fait que tout l'univers révère en ce jour sacré, comme le plus grand de tous les miracles, le plus grand et le plus étrange de tous les scandales.

Mais je me trompe, Messieurs^, d'appeler du nom d'ignorance la simplicité de notre foi : il est vrai que toute la science du christianisme est réduite aux deux paroles que j'ai rapportées ; mais aussi elles renferment les trésors im.menses de la sagesse du ciel, qui ne s'est jamais montrée plus h découvert à ceux à qui la foi a donné des yeux, que dans le mystère de la croix. C'est là que Jésus-Christ, étendant les bras, nous ouvre le livre sanglant dans lequel nous pouvons apprendre tout l'ordre des secrets de Dieu, toute l'économie du salut des hommes, la règle fixe et invariable ))our former tous nos jugements, la direction sijre et infailli1)le pour conduire droitement nos mœurs ; en un mot, un

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