‹ Œuvres oratoires de Bossuet (volume 2)Chapitre 94 sur 552 · I Thess, IV, 4. 5, 7. »'). S. Aiig, in Joan. tract, x v · texte numérisé non relu

I Thess, IV, 4. 5, 7. »'). S. Aiig, in Joan. tract, x v

2 De Cî./(./m .lib. II, n. 1 n25.

:î. CorrfcUon de lfi66 : la * gar- 7. Ms. : re=pe(*.

dicnne (Cf le sommaire). 8. Deforis : « Oui, Dieu repose... »

1. Edit. : des saintes prières. Phrase empruntée à une première

â. Les éditeurs ajoutent : po)(a<i/". rédaction effacée. La voici intéc^ra-

— Ce mote«t tiré d'un résumé mar- lement : d Oui, Dieu repose en noua

ginal ainsi conçu : « Ou plutôt tem- bien plus qu'il n'a jamais [fait] dan»

pie portatif, t) ce temple de Salomon. Slais est-ce

POrn IF. JOtR DE PAQUES. 127

Immolons donc à Dieu dans ce temple toutes les affections de nos cœurs : que nos idoles ne paraissent plu» devant le Dieu vivant et véritable; [p. xii | que la mémoire en soit abolie ; ou bien, si nous en conservons le souvenir, que ce soit à la manière que David et ses braves capitaines réservaient les dépouilles de leurs ennemis, ])our servir comme d'un trophée éternel de la victoire que Dieu leur avait donnée : Qiac sanctificavit [David] rea... et duces c.rcreitus, de hellis et maniihiis prseJiorum . . . ad indanrationem et supeUectilem tempU ^ Domini ^.

Mais, après avoir ainsi consacré ce temple, il nous reste encore un dernier devoir, qui est de nous applicjuer [à] son entretien, et même à son accroissement : Crescit in temphim sanctitm in Domino.

Troisième Point.

[P. a] La nouveauté chrétienne n'est pas l'ouvrage d'un jour"; et il y a cette différence entre la vie que nous commençons dans le saint baptême et celle * qui nous est donnée par notre première naissance, que celle-ci ^ va toujours en dépérissant, et celle-là, au contraire, va toujours se renouvelant, et, pour parler de la sorte, se rajeunissant jusques à la mort : tellement cjue, par une espèce de prodige, le nombre de ses années ne fait f]ue renouveler sa jeunesse, jusqu'à ce qu'elle l'ait conduite à la dernière perfection, qui est l'état de l'enfance chrétienne par la sainte simplicité et par l'entière innocence. Il faut'' se renouveler tous les jours, parce

assez, Chrétiens, d'avoir ainsi consa- vanité brisé pour toujours : trophée

cré nos temples ? Voici encore un iwiDienvivant (quatre 7nots récrits ).

dernier devoir : il faut l'entretenir Idoles loin de ce temple. )) (Omis

et l'accroître : Cre^cit in templum par les éditeurs, comme faisant doii-

siiKctum Domino. Troisième point. ■» bïe emploi avec un passage précédent.)

1. Ms. : domus... — Notes marffi- 2. I Paralip., xxvi, 26, 27.

7irt/e* (texte des éditions): u Àp- S. Addition {IGGQ) : *mnis\e tta-

vriidere ad arcam. Attacher à notre vail de toute la vie.

Uiiinoire une écriture éternelle de la 4. Var. : la vie.

^ictoire de Jésus-Christ sur nos pas- ô. Bossuet disait d'abord: celle-

sions. (Récrit en IGfJG, ou mrme plus là,.., celle-ci... — Il corrige au

tard, l'encre de 1661 étant excessive- crayon.

7nent pâle par endroits.) Des arcs ij. Note marginale : «L'apôtre ne

brisés, des épées rompue.», des pas- cesse de nous prêcher : Renorami-

«ions arrachées, tout l'attirail de la ni. » — Ce qui nous vaut cette belle

128 CARF'.MF, DES CAnMÉl-ITES.

flLi'il y a toujours des viics à vaincre ; il y a ^ toujours dans notre temple quelque muraille cjui s'eiitr'ouvre, quelque chose ^ qui menace ruine, si on ne l'appuie ; il y a toujours quelque partie faible, et (|ui deniande continuellement la niain de l'ouvrier; il faut visiter souvent, sinon vous serez accablés par une ruine imprévue.

Mais il y a ici quelque raison ])lus profonde. Sera-t-il permis à des hommes de rechercher aujourd'hui la cause pour laquelle il a plu à Dieu ' de laisser ses plus fidèles serviteurs dans cette misérable nécessité de [p. b\ combattre toujours quelque vice? C'est le mystère du ciiristianisme. Saint Paul s'en est plaint autrefois, et il lui a été répondu que tel était le conseil de Dieu, qu'en ce lieu de tentation, « la foi-ce fût perfectionnée dans Finfirmité : Virtus in infirmitate perficitur*. »

Mais approfondissons plus avant encore, et demandons à Dieu humblement quel est ce dessein, quel est ce mystère : pourquoi a-t-il ordonné que la force se perfectionne dans l'infirmité ' ? Saint Augustin nous en dira la raison admirable ^, et nous expliquera le conseil de Dieu. C'est que c'est ici un lieu d'orgueil ' ; c'est que, parmi les tentations qui nous environnent, la jîlus dangereuse et la plus pressante, c'est celle qui nous porte à la présomption ; c'est pourquoi Dieu^. en nous donnant de la force, nous a aussi laissé de la faiblesse. Si nous n'avions que de la faiblesse, nous serions toujours abattus; si nous n'avions que de la force, nous deviendrions bientôt superbes. Dieu a trouvé ce tempérament:

jilirase dans toutes les éditions : première rédiictinii.

K L'apôtre ne cesse de nous pivdier 4. II Cor., 'xii. !l — M-.: \'iifiis

à notix renonreler... }) inta,elc.

1. Le chiffre 2 en marge indique :k Bttnmé (en note in:ir^inale"| : un remaniement dont on n"a pas d C'est que cet exercice nous est tenu compte dan* les éditions. Il nécessaire pour nous entretenir dans faut al 1er chercher en tête de la pa^^c l'humilité. «

6' un premier développement, niar- fi. Yar. : nous en a rendu celte

que du chiffre 1 : « C"e.-* pour ci la, raison admirable : c'est...

r//?v<;>H.v, (/«'il y a toujours... » Les 7. Hossuet a ajouté au-dessu«,

premier' mots de <;ette phi-ase de- mai< ^ans achever le mot: pré-

vienneul alors supertius. .sojn[ption].

2. Coneclion de Kîfifi : quelque* 8. Souligné (plus tard) l'ar «les partie. traits verticaux, f)ui semblent effa-

ÎJ. Ces deux mots nécessaires scm- cer toute cette importante esplicablent avoir été ajoutés plus tard. lU tiou. avaient sans doute été omis dans la

de peur que nous ne succombions sous l'infirmité, il nous a donné de la force ; mais, « de peur qu'elle no nous enfle en ce lieu de tentation et d'orgueil, il veut (|u'elle se perfectionne dans l'infirmité : [Ffrfî/s qua^ Jiic, ubi superhîri poie.st, ne superhiatur, in infirmitate p(rficitur\ »

[P. cJNous pouvons observer, à ce propos, une conduite particulière de Dieu sur notre nature : lorsqu'elle a été précipitée par cette grande et terrible chute, quoiqu'elle ait été presque toute ruinée de fond en comble ", il a plu à Dieu néanmoins que l'on vît, même parmi ses ruines, cj[uelques marques de la grandeur de sa première institution, comme dans ces grands édifices que l'effort d'une main ennemie^ ou le poids des années ont porté[s] par terre : c^uoique tout y soit désolé, les ruines et les masures respirent cjuelque chose de grand * ; vous y remarquez néanmoins je ne sais quoi' qui vous fait comprendre la beauté du plan et la hardiesse '^ de l'architecture, [p. d] Ainsi ' « le vice de notre nature n'avait pas tellement obscurci en nous l'image de Dieu qu'il en ait effacé jusqu'aux moindres traits * : Non usquc adeo in anima humana imago Dei terrenorum affectunm labe detrita est, ut nulla in ea vclut lineamenta extrema remanserint^. » Mais, comme dans le [s] ruine [s] de cet édifice il a paru quelques restes de sa première grandeur^" et de sa première beauté ^^, aussi, quand il a été rétabli, il a plu à notre architecte qu'il y eût des restes de sa caducité ancienne'", qui demandassent toujours la main de l'ouvrier.

1. S. Aug., contr. Julian., lib. IV, 9. S. Aujr., lib. de Spirit. et Litt ,

ciip. II, n. 11. n. 48. — Aïs.: Neque enim imagi)

•*. Ms. : de fouds en comble. Dei usque adeo in 7iobis terrenœ am-

'.'<. Yar. : que la violence. tagionis labe detrita est, ut ejus dele-

■i. Addition (1666) : * et au milieu rentui- etiam extrema vestigia.

lies débris. 10. Va r. : grâce.

.'>. Var. : * un je ne sais quoi (1666) \i. Addition: ]e ne sais quoi de

fjui marque, — conserve. noble et de grand.

t). Var. : l'ordre admirable. ..(T/ar- 12. Note viarginale: « quelque

diegse est récrit en 1666.) vieille pierre. » — Deforis fait aiu^i

7. Note margiiialc : Débris. la phrase de Bo.s.suet : «... qu'il y

8. Var. : n'avait pas tellement eût quelques vieilles pierres, reste obscurci en nous l'image de Dieu de la caducité ancienne; qui demanf|u'il ne restât encore dans noU'e dasiicat... )»

r;u^oti (quelques marques...)

Keimou» de Botseuet. — IV. 9

d.'^O c\rî5:me dfs carmki.ites.

Le premier a été fait afin que nous connussions de quelle beauté nous étions déchus, et l'autre aussi pour nous faire entendre de quelle ruine nous avons été relevés \

|P. c] Connaissons donc, âmes saintes, combiei l 'orgueil est à craindre, et combien nous est nécessairt cet antidote souverain de notre faiblesse. Saint Paul nous en est un grand exemple ; car écoutez comme il parle : De peur que la grandeur de ines révélations ne m'enfle et ne me rende superhe "..., écoutez et tremblez: vovez quel est celui qui parle en ces termes ; c'est celui, dit saint Augustin^, qui nous a laissé de si beaux préceptes et des sentences si 7néniorahles pour abaisser rorgucil le plus téméraire, pour l'arracher jusqu^à la racine; mais tout cela, Chrétiens, était la nourriture dont il s'entretient*; c'est pourquoi saint Paul reconnaît qu'il a été nécessaire, [p, /] pour réprimer en lui la tentation de l'orgueil, « qu'il fût tourmenté cruellement par un ange de Satan, et longtemps inquiété par les infirmités de la nature : [Datiis est milii] stimulus carnis mcx, [angélus Satanse, qui me colaphizet] ^ )> : tant ce poison est dangereux, dont on ne peut empêcher l'effet que par un autre poison ^ ! tant cette maladie est à craindre, qui ne peut être guérie que jiar un remède si violent ^ !

Soumettons-nous, mes Sœurs, à cette méthode salutaire : ne nous lassons pas** de combattre contre nos vices ; entretenons notre édifice ; soutenons soigneusement notre temple toujours caduc ; et ne croyons i)as (|ue [Dieu I nous délaisse dans les tentations violentes :

1. Passade efl'acé (dès 16G1) : (.( Le ibiiL. p. :> » (ardre su/ne de leiiroi).

premier semblait donner à notre J. II Cor., X II, 7.

nature quelque lueur d'espérance: :!. ^'crm. CLXII i. n. 8.

— (ici, reuvoi, main plus récent, à ces 4. Yar. : la matière dont il se nour-

viols, au bas de la paffe : laisser en l'it. Édit. Lâchât : était Ja iioiirii-

iious les traces sur lesquelles il avait tnre dont il se nourrissait '.

dessein de nous rebâtir ;) — maisle /,. Il ('(,r. xii. 7.

second assurément estlaissé(/a;>iui-; f,. S. Aug., Serin. CXLIII, n. S.

ait laissé) pour réprimer la présomp- 7. ^Vi-a- marginale : Préservatif,

tien. V. ii</. e. » g. Yar. : S'il est ainsi, Chrétiens,

L'auteiir ajoute en 1660 : ((Y[oy.] ne nous lassons... — Ainsi ue nous

serm. du nom de Jésus, 2" p., p. 1, las-^ons... '2. :i ; et après cela ce qui est marqué

porn r.E joru df, paqtes. 131

car, sur la foi du médecin qui nous traite, nous devons croire que ce remède nous est nécessaire.

Écoutez, mes Sœurs ; vous entendrez facilement que cette leçon de saint Aus^ustin vous regarde. « Mais ' quoi? N'avez-vous pas dit, ô Seigneur! qu'aussitôt que nous parlerions, vous viendriez à notre secours : Adhiic te loquente, diccv.n : Ecce adsum~} » Il est vrai; il l'a dit ainsi, et il est fidèle en ses promesses : « car il nous assiste pendant qu'il diffère^, il nous assiste en différant, et le délai même est un secours : Et cum dij]crt adest, et quod differt adest, et dlfjcrcndo adesf^ ~>i. 11 n'abandonne pas son apôtre, lorsqu'il le laisse gémir si longtemps dans une épreuve si rude sous la main de Satan qui le tourmente ; et « il vaut mieux ^ pour notre salut qu'il n'accomplisse pas si précipitamment les désirs de son malade °, afin qu'il assure mieux [sa] santé : iVe, pneproperam [p. h] cum împlet voluntatem, perfectam non implcat sanitatem. »

« Mon âme, dit David, est tz'oublée ; et vous, Seigneur, jusqu'à quand, jusqu'à quand nie laisserez-vous dans ce trouble? Et anima mea turbata est valde ; sed tu, Domine, iisquequo ^? » Et le Seigneur lui répond^ : Jusqu^à ce que vous connaissiez par expérience que c^est moi seul (pii siiis capable de vous secourir: car, si je vous secoîirais sans remise aucune, vous ne sentiriez pas le combat; si vous ne sentiez pas le combat, vous présumeriez de vos forces, et cet orgueil qui vous enflerait serait un obstacle invincible à votre victoire.

voilà une instruction admirable ; voilà une leçon d'Iiumilité (ligne de saint Augustin, mais digne du saint ai)ôh-e dont il l'a tirée. Humilions-nous profondément dans les tentations ; mais aussi ([ue notre force s'y perfectionne. L'humilité chrétienne n'est pas un

1. Des chiffres, dont les éditeurs éditeurs l'ont supprimée, n'niit p;is tenu compte, donnent ici 4. S. Aug., lococitato.

l'nrdre de^ paragraphes. — \'ar. : ô. Var. : si violente; et il vaut

Mais(jiioi? n"a.ve/,-voLis pas dit, ô mieux...

Seigneur! continue admirablement... tî, Var. : no.s désir.«,... notre santé,

(inachevé). 7. Ps. vi, 4.

2. S. Aug., Scrm. OLxnr, u, 7. — 8. iVo<e??m;y(ï!a/f'; Propres termes Cf. ]■'., LVJU, 'J. de saint Augustin, Senn. m de Vnb.

:!. Addition, dc-tinin; à reiich-e la Ap"d. {ynm; V].\\\\. u. 7.) traduction exact'-' et rduipicte. Les

132 fARK.MF, DES CARMl':! ITF.S .

abattement de courage; au contraire, elle nous rend )tlus fervents et plus appliqués au travail : les difficultés l'encouragent, les impossibilités l'échauffent ^ et la déterminent. Dans l'accablement de ce corps de mort, elle ne médite que des pensées d'immortalité; elle a cela (l'admirable, que, plus elle se sent " faible, ])lus elle est bardie et entreprenante; et les restes de sa ^ieillessc ne servent qu'à la presser à se renouveler de jour en jour ^.

Mes très chères Sœurs en Jésus-Christ, je finirai ce dernier discours avec ces maximes apostoliques ; et je vous laisse, en [vous] disant adieu, ce présent précieux et inestimable. Continuez, comme vous faites, à vous renouveler tous les jours : plus ce temple mortel semble nienacei de ruine, tâchez de plus en plus à l'affermir de tous côtés, selon ce qui est écrit : Suscitaverunt clominn Dom'un in i^ciium j^ristinurn, et ftnnîtcr emn store feeerunf^. [p. ij Ne vous contentez pas d'afiermir ce temple en vous en^Ycinant tous les jours de plus en plus en la charité de Jés^s-Christ, qui en est le fondement inébranlable; mais donnez-lui tous les jours de nouveaux accroissements : dilatez tous les jours en vous le règne de Jésus-Christ ; qu'il gagne tous les jours de nouvelles ]>laces, qu'il i)énètre de plus en ])lus votre cœur, qu'il devienne de plus en plus le maître de vos désirs. Vous avez un grand modèle. Il n'y a j)oint de petits défauts à des âmes qui tendent à la ])erfection. Que le monde s'étonne de votre vie pénitente, je rends grâces à Dieu ; mais, i)Our vous, étonnez-vous tous les jours d'être encore si éloignées de votre modèle, qui est Jésus-Christ. La véritable justice du christianisme, [p. /i] c'est de confesser humblement, en ])rofitant tous les jours, qu'on est toujours bien peu avancé à ^ la perfection de la justice.

Surtout, dans les épreuves que Dieu vous envoie, que jamais votre confiance ne se relâche*^. Mes Sœurs, vous

Page 1