L'LWENTION 1)K LA SAINTE CROIX
Vers IGGl (le 3 maii.
Ce titre, la date cx'^oi-itée, est de la main de Bossuct i. Quiconqii» est familiarisé avec son écriture ne peut clierclier la vraie place de ce fragment qu'entre 1560 et 1662. I.a première phrase semble donner à entendre que ce canevas aurait été écrit après avoir dit. Mais, l'auteur ayant deux sermons sur ce jjlan, on ne voit pris ce qui pouvait le déterminer à écrire une page qui ne contient rien de nouveau, si ce n'était au contraire pour se rappeler à lui-même ses propres pensées, avant de monter en chaire. Les expressions indéterminées, qu'on va lire : « Célébration de la noce spirituelle le jour de la Croix, et qu'elle y rni/ait... -n me paraissent résumer la Profession prêchée le 14 septembre 1660, le jour de l'Exaltation de la sainte Croix (t. III, p. 528-547), avec l'intention de reprendre les mêmes idées dans une solennité de tout point semblable. On s'explique aisément, dans cette hypothèse, que Bossuet se soit borné ici à tracer un tel canevas ; mais il eût été par trop insuffisant, sans l'appui d'un discours antérieur. Les phrases qui suivent, au futur, semblent justifier notre interprétation.
Venenint nnpiiœ Agni, et uxor ejiis prBeparavit se.
(Apoc, XIX, 7.)
Célébration de la noce spirituelle le jour de la Croix, et qu'elle y voyait trois qualités de son Époux ' :
1" le titre de sa royauté ; 2° l'ardeur de son amour ; 3° la délicatesse de sa jalousie.
En apprenant qu'il est roi, elle verra qu'il faut soutenir la dignité d'épouse ; en apprenant qu'il aime, le soin qu'elle doit avoir de se rendre toujours agréable pour conserver son affection ; en apprenant qu'il est
1. Ms. de M. Bérard des Gla- 2. Lâchât (t. XI, p. 510. note) :
jeux, k la suite de la Yêture : Si ros « Dans la célébration de la noce spi-
Filius liheraverlt. beaucoup plus rituelle, le jour de la Croix, e//e Pfrra
ancienne (1656^. Vov. t. II, p. 213- /e.« trois qualités de son Époux. » 225).
roiR UNE rum'Essiox rei.igif.tsf,. 135
jaloux, les précautions qu'elle doit garder pour lui justifier toute sa conduite. C'est un roi pauvre, dont le trône est une croix, le sceptre un roseau, la couronne composée d'épines : il veut qu'on soutienne la dignité par la pauvreté. Il aime les ânies pures ; et l'agrément qu'il demande, c'est la chasteté. Il est délicat et jaloux ; et la précaution qu'il veut, c'est l'obéissance.
Jalousie ^ du Fils de Dieu paraît à la croix : Deus imagincm snam a diabolo coptain •deviula operatîonc recuperavit ' . Il était jaloux de cp que son image s'était prostituée à son ennemi, après qu'il l'avait formée avec tant de soin. Dans le dessein de l'honorer, il l'avait voulu, pour ainsi dire, façonner de ses propres mains : Totlcs honoratur, quoties manus Dci patitur : [re\c()ffita totum llli Dcum occupatufi ac deditum"'. — Familinri manu. — Cependan' elle s'abandont^.e à s(;n ennemi: de là, la jalousie *.De crainte qu'elle ne partageât encore son cœur, il la veut sauver lui-même. Il ne veut pas que personne s'en mêle que lui : Ego jec'i,... ego salvaho' ; ni les anges, ni les archanges. Zehis Domini excrcitiiiim faciet hoc^.