Ilom'il. II hi Act. ApoH.. 11. ô
Elegi ahjectus esse in douio Del mei. Je ne veux point de cette gloire qui donne du i3rix au vice ^. Ce n'est pas la vertu des temps, mais la vertu de l'Évangile... Vous apprendrez la vertu selon la règle, en détruisant ces vertus et ces qualités que le monde admire, cette hauteur de courage, cette grandeur d'âme, ces ingénieuses curiosités, cette pénétration d'un esprit subtil et perçant. Tout cela étant corrigé, on s'en servira toutefois...
Les personnes de votre sexe, quel est leur égarement quand la gloire les possède ? Je ne daignerais ici vous représenter la faiblesse de celles qui mettent toute leur gloire dans la parure ; qui s'imaginent être assez ornées, quand elles amassent autour de leur corps ce qu'il y a de plus curieux ou de plus rare dans l'art ou dans la nature : ce Comme si c'était là, dit saint Augustin, le souverain bien et la véritable gloire de l'homme, que tout ce qu'il a soit riche et précieux, excepté lui-même : Quasi hoc sit hominis înaximum honum hahere omnla bona prœter seipsum ^. »
Parlons plutôt de celles qui, fîères par leur beauté ou par la supériorité de leur génie, sont d'autant plus captives de la gloire qu'elles pensent que, pour l'acquérir, elles n'ont besoin que de leurs personnes et de leurs propres avantages. C'est par là qu'elles prétendent se faire un empire qui se soutient de soi-même sans aucun secours emprunté. Ha ! le malheureux empire î Et peuvent-elles en être orgueilleuses, quand elles songent à quel joug et à quelle honte les destinent leurs propres captifs ? Et toutefois elles se flattent de cette souveraineté. En effet, l'image en est éclatante. Les hommes ne méprisent rien tant que la flatterie et la servitude ^ : pour elles, on peut descendre à tout ce que la servitude a de plus bas, et la flatterie de plus servile et de plus rampant, jusqu'à les traiter de divinités ; et ce titre, que les flatteurs n'ont jamais donné aux plus grands
1. Bossnet ajoutait d'après l'im- à la vertu ? — Ce liiouvement ora-
primé et d'après la copie de Nancy: toire a été reporté ensuite à la tin
(( Comment pourrions-nous recevoir du premier point,
la gloire que le monde donne au vi- 2. De civit. Dei, lib. III. cap. l.
ce, nous qui ne recevons pas {var. : 3. Yar. : sujétion, qui avons refns^^) celle qu'il donne
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monarques sans offenser les oreilles des courtisans les plus dévoués, se prodigue tous les jours à ces idoles, avec l'applaudissement de tout le beau monde. Pour elles enfin, on croit tout permis ; et le monde, tant il est aveugle et sensuel ^, excuse en leur faveur non seulement la folie et l'extravagance, mais encore le crime et la perfidie ; tout est permis pour leur plaire et les servir.
Quelle est, après cela, leur vanité et leur emportement ? c'est ce que je n'entreprends pas de vous expliquer. Aussi mettent-elles toute leur vertu dans leur fierté. Le dirai-je dans cette chaire ? Leur chasteté même est un orgueil : elles craignent plutôt d'abaisser leur gloire que de souiller ^ leur vertu et leur innocence. Ce, n'est pas leur honnêteté qu'elles veulent conserver, mais leur supériorité et leurs avantages. Et certes, si elles aimaient la vertu, se plairaient-elles à faire naître tant de désirs qui lui sont contraires ^ ? et les verrionsnous se piquer non moins de corrompre dans les autres la chasteté, que de la garder en elles-mêmes ? C'est par là qu'elles se rendent coupables de l'idolâtrie publique. J'appelle ainsi les attachements criminels qui déshonorent la face du christianisme et mettent tant de fausses divinités en la place du Dieu véritable. Tertullien disait autrefois aux sculpteurs qui fabriquaient les idoles : « Tu colis idoJa, qui facis ut coli possint'^. Tu es coupable du crime d'adorer les idoles, toi qui es cause qu'on les peut adorer. » Et vous, su]^>erbes beautés, vaines idoles du monde, pensez-vous être innocentes de l'idolâtrie que vous faites régner sur la terre ? C'est vous qui ornez l'idole, vous qui parez l'autel profane, vous-mêmes qui recevez l'encens et agréez le sacrifice d'abomination. Bien plus, vous ne fabriquez pas seulement l'idole, comme ceux dont parle Tertullien ; mais vous-mêmes, vous êtes l'idole que le monde adore; et non seulement le soin de vous montrer et de plaire, mais encore ces complaisances, et cette gloire cachée, et ce secret triomphe de votre cœur dans les damnables