‹ Œuvres oratoires de Bossuet (volume 3)Chapitre 310 sur 532 · Notre texte diffère ici profondé · texte numérisé non relu

Notre texte diffère ici profondé

rir aux pieds de saint Jean-Baptiste toute la Judée saisie de frayeur, tant il annonce ^ fortement aux hommes les sévères jugements de Dieu qui les pressent et qui les poursuivent : Race de vipères ^ , etc.

Il n'est point '^ ce que les Juifs ont pensé. Il n'est point le Prophète, il n'est point le Christ, il n'est point Élie. Il est une voix, il est un cri, qui avertit les pécheurs de leur ruine ^ prochaine et inévitable, s'ils nefont bientôt pénitence.

Il a raison de se définir ^ de la sorte : Je suis, dit-il,. une voix ; parce que tout parle en lui, sa vie, ses jeûnes, ses austérités, cette pâleur, cette sécheresse de son visage, l'horreur de ce cilice de poils de chameau qui couvre son corps et de cette ceinture de cuir qui serre ses reins, sa retraite, sa solitude, le désert affreux qu'il habite ; [p. 2] tout parle, tout crie, tout est animé. Tels devraient être les prédicateurs : il faudrait que tout fûh parlant et résonnant en eux : Totum se vocalem débet verhi nuntius exhihere^ comme disait cet ancien Père ^\ [P. 3] Prêtons l'oreille attentive [à] ce divin prédicateur ', prophète et plus que prophète. Oui, puisqu'il est tout voix pour nous parler, soyons tout oreille pour l'entendre. « Je suis, dit-il, la voix de celui qui crie dans le désert : Préparez les chemins ^ du Seigneur ; redressez ^ dans la solitude les sentiers de notre Dieu : Vax clamantis in deserto : Parate viam Domini ; rectas facite in solitudine semitas Dei nostri ^°. Tout le m^s-

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