‹ Œuvres oratoires de Bossuet (volume 3)Chapitre 318 sur 532 · Var. : à se délivrer — se retirer. David · texte numérisé non relu

Var. : à se délivrer — se retirer. David

5. C'est ce passage qui sert de (i. Var. : Si les affaires du jour ., preuve à Lâchât, pour essayer d'éta- — Si le jour ne lui i^ermetpas...

de silence et de liberté, il s'abandonne au secret désir qui le pousse à soupirer et à gémir, [p. 13] Loin du monde \ loin des compagnies, il n'a plus que Dieu devant les yeux pour s'affliger en sa présence, pour lui dire du fond de son cœur : J'oi péché devant vous, et ^ je veux aussi m 'affliger en votre seule présence. Seul et invisible témoin de mes sanglots et de mes regrets, ha ! écoutez la voix de mes larmes : Tihi soli peccavl ^.

Et certes, si nous examinons attentivement pourquoi Dieu et la nature ont mis dans nos cœurs cette source arnère de regrets, il nous sera aisé "^ de comprendre que c'est pour nous affliger non tant de nos malheurs que de nos fautes. Les maux qui nous arrivent par nécessité portent toujours avec eux [p. 14] quelque espèce de consolation : c'est une nécessité, on se résout. Mais il n'y a rien qui aigrisse tant nos douleurs, que lorsque notre malheur vient de notre faute. Ainsi ce sont nos péchés qui sont le véritable sujet de nos larmes; et il ne se faudrait jamais consoler d'avoir commis tant de fautes, n'était qu'en les déplorant on les répare. Et c'est une seconde raison pour laquelle les saints pénitents s'abandonnent à la douleur ''. Dans toutes nos autres pertes, les larmes et les regrets nous sont inutiles. Une personne qui vous était chère vous a été ravie par la mort ; pleurez jusqu'à la fin du monde : quelque effort que fasse pour la rappeler une douleur impuissante, vous ne la ferez pas sortir du tombeau, et vos douleurs ne ranimeront pas ses cendres étemtes ^. Mais en dé-

1. Passage ejïacé : Car le pécheur mots effacés, pénitent n'est pas seulement dé- S.Ps. i, 6.

goûté de lui-même, mais il est sain- 4. Var. : il sera aisé,

tement indigné contre ses faiblesses 5. Var.: qui oblige les saints péni-

honteuses. « Qïiid est enim pœni- tents à pleurer avec abondance.

tentia, nisi sua in (ras.: ad) seipsum 6. Première rédaction: pleurez

iracundia? (Serm. XTX, n. 2). jusqu'à la tin du monde, vous ne la

Qu'est-ce, dit saint Augustin, que ferez pas sortir du tombeau, et si

la pénitence, sinon une sainte indi- vives que soient (qusitve mots eÉacés)

gnation et une colère implacable de vos douleurs, elles ne ranimeront...

soi-même contre soi-même ? » C'est - La rédaction définitive est écrite

pourquoi ce roi pénitent (yar.t'/l'acet'; en marge, au crayon ; Deforis ima-

notre roi pénitent) disait encore : gine une autre leçon, que tous les

(( Je me suis aiïiigé sans mesure. » éditeurs reproduisent. Lâchât y

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