Var. : des mépris. erit fletus et stridor dentium
3. Edit. : ces pleurs éternels. — 4. Yar. : ses insupportables ri- On n'a pas remarqué le soin que gueurs.
prenait l'auteur de conserver, à la
prêché dans la deuxième semaine de Carême ', probablement le mercredi, 24 mars 1660.
Nous avons raconté dans le volume précédent ^ comment la mort de Gaston de Foix, pendant l'A vent du Louvre, avait empêché un sermon sur le Faux honneur du monde, destiné au troi- -sième dimanche. Bossuet devait trouver, trois mois plus tard, l'occasion de ramener devant son auditoire les graves considérations (jue comportait ce sujet. Le nouveau sermon est conforme au plan indiqué dans les exordes de 1665. Il diffère de celui du ^limanche des Rameaux, dans le Carême des Minimes. Il est à la fois plus parfait et moins admiré que cet ancien discours. C'est que l'orateur, en supprimant les redondances et les digressions, en donnant à son style un fini qu'il dédaignait un peu trop six ans plus tôt, sacrifie en même temps des hardiesses d'expression, des emportements oratoires, des rudesses et des témérités juvéniles, qui ne laissaient pas de nous charmer.
Le présent sermon manque dans l'édition des Œuvres de Bossuet donnée chez Guérin (d'abord chez Martin-Beaupré) en 1870 : on y prétend très étourdiment que le grand orateur répéta dans la chaire de Saint-Germain celui qu'il avait prêché dans celle des Minimes. Il se lisait cependant, non seulement dans les manuscrits ^, dont ces éditeurs anonymes parlaient volontiers sans les avoir consultés, mais dans toutes les éditions antérieures. Toutes, avant celle de Lâchât, y commettaient une faute, que cet éditeur a su éviter, grâce à son habitude, quelquefois blâmable, de reléguer indistinctement dans les notes toutes les additions marginales : elles faisaient entrer dans le texte un certain nombre de surcharges, qui n'ont rien de commun avec le Carême de 1666. Ces remaniements, de date postérieure, formeraient redite avec d'autres sermons de cette station, et même avec certains passages du présent discours. Bossuet, prenant ici, pour une circonstance difficile à préciser, peut-être pour l'Avent de 1669, quelques développements, qu'il complète
1. Rendu circonspect par les ob- lendemain. Il est mentionné, ainsi
stades rencontrés la semaine pré- que celui du dimanche, dans la Ga-
cédente, Bossuet s'est borné ici à zette. — Sur cette même enveloppe :
inscrire sur l'enveloppe : 3^ semaine « Celui qui se glorifie en ses bonnes
■de Carême^ sans marquer le jour. œuvres ravage sa propre moisson. »
L'évangile d'où le texte est tiré 2. Page 671>.
étant celui du mardi, il est vraisem- 3. Ms. fr. 12S22. f°s 155-170. In-4,
blable que ce sermon fut celui du marge d'un quart.
SUR l'honneur.
par des indications nouvelles, ne se préoccupe nullement des pages qui les précèdent ni de celles qui les suivent. Dans ces endroits, nous aurons soin de rectifier les erreurs de lecture et de redresser les corrections des premiers éditeurs, soit dans la première rédaction, soit dans les remaniements; cela, M. Lâchât a négligé de le faire.
Omnia vero i opéra sua faciunt ut videantur ah hominibus.
Ils font toutes leurs oeuvres dans le dessein d'être vus des hommes.
(Matth., XXIII, 5.)
Je me suis souvent étonné comment les hommes, qui présument tant de la bonté de leur jugement, se rendent ^ si fort dépendants de l'opinion des autres, qu'ils s'y laissent souvent emporter contre leurs propres pensées. Nous sommes tellement jaloux de l'avantage de bien juger, que nous ne le voulons céder à personne ; et cependant, Chrétiens, nous donnons tant à l'opinion, et nous avons tant d'égards à ce que pensent les autres, qu'il semble quelquefois que nous ayons honte de suivre notre jugement, auqudl nous avons néanmoins ^ tant de confiance. C'est la tyrannie de l'honneur qui nous cause cette servitude. L'honneur nous fait les captifs de ceux dont nous voulons être honorés. C'est pourquoi nous sommes contraints de céder beaucoup de choses à leurs opinions ; et souvent des politiques et des capitaines ^, touchés de ce faux honneur et du désir d'éviter un blâme qu'ils n'avaient point mérité, ont ruiné ^ malheureusement, par les sentiments d 'autrui, des affaires qu'ils auraient sauvées en suivant les leurs. Que s'il est si dangereux de se laisser trop emporter aux considérations de l'honneur ®, même dans les affaires du monde, auxquelles il a tant de part, quel
1. En tête du second exorde. Tau- 4. Edit. : de grands politiques et teur avait écrit : Omnia aiitem ope- des capitaines expérimentés. — En ra... Il corrige, en rédigeant l'avant- rétablissant ainsi des épithètes effapropos. — Édit. : Omnia opéra... cées par Bossuet, on ne prend pas (sans conjonction). garde qu'il se refuse à donner le
2. Bossuet supprime ici néanmoins., titre de grands politiques à des homqui entrera plus loin dans une autre mes capables de ruiner les affaires correction. par un faux point d'honneur.