Yar. ; il nous oblige souvent
la vertu ne serait pas honorée \ Voilà, Messieurs, l'honneur attaché à toute sorte de choses. Qui ne serait surpris " de cette bizarrerie ? Mais si nous savons entendre le naturel de l'esprit humain, nous demeurerons convaincus qu'il ne pouvait pas en arriver d'une autre sorte. Car, comme l'honneur est un jugement que les hommes portent sur le prix et sur la valeur de certaines choses, parce que notre jugement est faible, il ne faut pas trouver étrange s'il est ébloui par des choses vaines ; parce que notre jugement est dépravé, il était impossible qu'il ne s'égarât jusqu'à en approuver beaucoup de mauvaises ; et parce qu'il n'est ni tout à fait faible, ni tout à fait dépravé, il fallait bien nécessairement qu'il en estimât beaucoup de très bonnes^. Toutefois encore y a-t-il ce vice dans l'estime que nous avons pour les bonnes choses, que cette même dépravation et cette même faiblesse de notre jugement fait que nous ne craignons pas de nous en attribuer tout l'honneur, au lieu de le donner tout entier à Dieu, qui est l'auteur de tout bien. Ainsi, pour rendre à l'honneur son usage véritable, nous devons apprendre. Messieurs, à chercher dans les choses que nous estimons premièrement du prix et de la valeur, et par là les choses vaines seront décriées ; secondement la conformité avec la raison, et par là les vices perdront leur crédit ; troisièmement l'ordre nécessaire, et par là les biens véritables seront tellement Jionorés que la gloire en sera toute rapportée à Dieu, qui en est le premier principe. C'est le partage de ce discours, et le sujet de vos attentions.
Premier Point.
[P. 3] L'Apôtre nous avertit que nous devons être enfants en malice * ; mais il ajoute. Messieurs, que nous ne devons pas l'être dans les sentiments ; c'est à dire qu'il y a en nous des faiblesses et des pensées
1. Yar. : par exemple, dans la 3. Première rédaction, à demi efvertu, dans la force et dans l'adresse facée : il ne pouvait pas arriver qu'il d'esprit et de corps. — Le tout dans n'en honorât beaucoup de bonnes. le texte des anciens éditeurs. • 4. I Cor., xiv, 20.