‹ Œuvres oratoires de Bossuet (volume 3)Chapitre 378 sur 532 · Yar. : aux Israélites. 8. Ibid · texte numérisé non relu

Yar. : aux Israélites. 8. Ibid

5. Rédaction sommaire, qui tient 9. S. Aug., Serm. CCCLXI, n. 10. — tout entière sur une seule feuille. Ms. : ...assurgit ; datum est...

Elle se complète par des renvois au

principe d 'incorruption. La corruption par le sang ; de même l'immortalité \ S. Grégoire de Nysse et saint C3'rille d'Alexandrie. D'où vient donc qu'il faut mourir et être assujetti à la corruption ? Voy. sermon du Lazare, xi ^ : chair de péché ; de Là, chargée d'infirmités et de maladies. Allez dans les hôpitaux durant ces saints jours ^ pour y contempler le spectacle de l'infirmité humaine : là, vous verrez en combien de sortes la maladie se joue de nos corps. Là, elle étend ; là, elle retire ; là, elle relâche ; là, elle engourdit ; là, elle arrête^ un corps perclus et immobile; là, elle le secoue tout entier par le tremblement. Pitoyable variété ! diversité surprenante ! Chrétiens, c'est la maladie qui se joue comme il lui plaît de nos corps, que le péché a abandonné [s]; à ses cruelles bizarreries. O homme, considère le peu que tu es ; regarde le peu que tu vaux : vien[s] apprendre la liste funeste des maux dont ta faiblesse est menacée. Et la fortune, pour être également outrageuse, ne se rend pas moins féconde en événements fâcheux. Le secours qu'on leur donne, image du grand secours que leur donnera un jour Jésus-Christ en les affranchissant tout à fait, etc. Mais, en attendant, il faut qu'ils tombent pour être renouvelés ; ils ne laisseront à la terre que leur mortalité et leur corruption. Il faut que ce corps soit détruit jusqu'à la poussière : la chair changera de nature, le corps prendra un autre nom ; même celui de cadavre ne lui demeurera pas longtemps. La chair deviendra ^ un je ne sais quoi qui n'a plus de nom dans aucune langue : tant il est vrai que tout meurt en elle ^, jusqu'à ces termes funèbres par lesquels on exprimait ses '^ malheureux restes : Post

1. S. Cyril. Alex., /h. Zoom., lib.VI, 5. Var. : Elle deviendra.

cap. IT. (Bossuet ne précise pas ; il 6. Édit. : en eux. — C'est la va-

indique saint Grégoire de Nysse en riante ; elle veut dire sans doute: en

même temps que saint Cy^rilled'A- nos corjos. première rédaction effacée,

lexandrie.) Comme il ne restait pas de pluriel

2. C'est le sermon sur la Mort, énoncé, auquel ce pronom pilt se qui est ainsi désigné. Voy. t. IV, rapporter, Bossuet corrige: «en elle.» p. 280. Peut-être fut-ce en 1669 que Cette fois, le pronom se rapporte à quelques mots furent récrits sur le Zac^arr. Apparemment on n'avait pu manuscrit de 1G62. Ils paraissent à le lire : il offre en effet une certaine première vue un peu plus anciens. difficulté.

3. Durant la semaine sainte. 7. Édit. : ces. — Faute, destinée à 4. Var. : elle cloue. — Texte des pallier celle que noiis venons de

éditions. signaler. Il y a bien ses, se rappor-

iotum ignohilitatis elogium, cadiicsd in orîgînem terrain, et cadaveris nomen; et de isto qiioque nomine periturœ in nullum inde jam nomen, in omnis jam votcahuli mortem ^,

Mais, ayant participé au corps du Sauveur, principe de vie ^. Nous recevons par le baptême un droit réel sur le corps de Jésus-Christ ; donc [p. 22] " sur sa vie, sur sa grâce, sur son immortalité. Ne renonçons point à ce droit ; ne le perdons pas. I^e plus beau droit de l'Église: comme une épouse. Deux espèces"^ de communions, le droit et l'actuelle participation. Nous demeurons toujours dans la communion du mystère, non seulement dans l'actuelle participation, mais dans le droit de communier. Corpus non fornicationi , sed Domino, et Dominus corpori^. (Voy. 2™® Discours de la Pureté^.)

Il fait notre corps semblable au sien. Un temple : Solvite ^ templum hoc ^. Nous devons l'orner comme un temple, avec bienséance, je veux bien ; mais toujours avec dignité : rien de vain, rien de profane (voy. Pâ^ ques. Temple \ ix, x, 7X1, xii) . Donc, ô sainte chasteté, fleur de la vertu, ornement immortel des corps mortels, marque assurée d'une âme bien faite et véritablement généreuse, protectrice de la sainteté et de la foi mutuelle dans les mariages, fidèle dépositaire de la pureté du sang, et qui seule en sais^^ conserver la trace ; vien[s] consacrer ces corps corruptibles, vien [s] leur

"tant à Za c^afr. C'est une surcharge, 6. Les deux discours ou médita-

qui remplace 7ws^ effacé. tions sur la Pureté, sont malheureu-

l.Tertull., De Resurr, carn., iv. sèment perdus. Bossuet y renvoyait

— Ms. : et ex illo jam, nomine... de même dans le Panégyrique de

2. Deforis, confondant l'indication saint Benoît (cf. t. IV, p. 621). Ici, d'un développement avec un com- "M.. Ldkchdtt db lu. : deuxième discortrs ; ■mencement de phrase, imagine là : onzième discours.

d'achever ainsi : (( Mais ayant par- 7. Bossuet rappelle par ce texte

ticipé au corps du Sauveur, principe que Notre-Seigneur appelait son

de vie, [ne participons plus au péché, corps un temple. (Cf. l'exorde sur

principe de mort]. » Il a pris pour ce texte, pour le jour de Pâques,

une apposition ce qui était le som- 1666 : ci-dessus, p. 222.)

maire de la démonstration à fournir 8. Joan., il, 19.

oralement. 9. Correspond aux pages 125-127

3. Bossuet a écrit par distraction : du t. lY. Inutile, croyons-nous, de "21, comme à la page précédente. reproduire tout le passage, qiii sans

4. Yar. : manières. — Cette phrase doute n'était pas repris textùelle- ^et la précédente sont des remarques ment. ^ ■ marginales. 10. Édit. : sait.— Il y a bien la se-

ô. I Cor., A"i, 13. conde personne au manuscrit.

être un baume éternel et un céleste préservatif ^ contre la corruption; vien[s] les disposer à une sainte union avec le corps de Jésus-Christ; et fais qu'en prenant ce corps, nous en tirions aussi tout l'esprit. Troisième principe d 'incorruption.

Troisième Point.

[P. i] Je l'ai déjà dit, mes Frères, mais il faut le dire encore une fois, que, durant ce temps de corruption, Dieu commence déjà dans nos corps l'ouvrage de leur bienheureuse immortalité. Oui, pendant que ce corps mortel est accablé de langueurs et d'infirmités. Dieu y jette intérieurement les principes d'une consistance immuable ; pendant qu'il vieillit. Dieu le renouvelle ; pendant qu'il est tous les jours exposé en proie aux maladies les plus dangereuses et à une mort très certaine. Dieu travaille par son Esprit saint à sa résurrection glorieuse. De quelle sorte s'accomplit un si grand mystère ? Saint Augustin, qui l'a appris du divin Apôtre, vous l'aura bientôt expliqué par une excellente doctrine. Mortels, apprenez votre gloire : terre et cendre, écoutez attentivement les divines opérations qui se commencent en vous.

[P. Il] E faut donc savoir, avant toutes choses, que le Saint-Esprit habite en nos âmes, et qu'il y préside par la charité qu'il y répand. Comment cette divine opération s'étend-elle sur le corps ? Écoutez un mot de saint Augustin, et vous l'entendrez : ce Celui-là, dit ce saint évêque, possède le tout, qui tient la partie dominante^. Totum possîdet, qui principale tenet^. Or en nous, poursuit ce grand homme, il est aisé de connaître que c'est l'âme qui tient la première place, et que c'est à elle qu'appartient l'empire. » De ces deux principes si clairs, si indubitables, saint Augustin tire aussitôt cette conséquence facile : Dieu tenant cette partie principale^ c^est-à-dire Vâme et Vesprity par Je

1. Ces quatre mots, ajoutés au figurent ni dans son texte ni dan?

crayon en marge, et très peu lisibles ses notes,

aujourd'hui, n'ont pas, ce semble, 2. Var, : principale et dominante,

été aperçus par M. Lâchât. Ils ne 3. Scnii. CLXi, n. G.

moyen du meilleur [p. m] il se met en possession de la nature inférieure ; par le moyen du Prince, il s'acquiert aussi ie sujet ; et dominant sur l'âme, qui est la maîtresse, il étend sa main sur le corps, et l'assujettit à son domaine ^. C'est ainsi que notre corps est renouvelé par la grâce du christianisme. Il change de maître heureusement, et passe en de meilleures mains : par la nature il était à l'âme, par la corruption il servait au vice, par la grâce et la religion il est à Dieu.

Il se fait comme un sacré mariage entre notre esprit et l'Esprit de Dieu; ce qui fait que « celui qui s'attache au divin Esprit devient un même esprit avec Dieu : Qui adhœret Domino , umis spiritus est ^. » Et comme on voit, dit Tertullien, dans les mariages, que la femme rend son époux maître de ses biens, et lui en cède l'usage ; ainsi l'âme, en s'unissant à l'Esprit de Dieu et se soumettant à lui comme à son époux, lui transporte aussi tout son bien [p. iv] comme étant le chef et le maître de cette communauté bienheureuse. « La chair la suit, dit Tertullien, comme une partie de sa dot ; et au lieu qu'elle était seulement servante de l'âme, elle devient servante de l'Esprit de Dieu. Sequitur animam nuhentem Spiritui caro, ut dotale mancipium ; et jam non animœ famula, sed Spiritus ". » Aussi, ne voyez-vous pas '^ que le corps du chrétien change de nature, et qu'au lieu d'être simplement l'organe de l'âme, il devient l'instrument fidèle de toutes les saintes volontés que Dieu nous inspire ? Qu'est-ce qui donne l'aumône, si ce n'est la main r Qu'est-ce qui confesse les péchés ^, si ce n'est la bouche? Qu'est-ce qui les pleure, si ce n'est les yeux ? Qu'est-ce qui brûle du zèle de Dieu, si ce n'est le cœur ? En un mot, dit le saint Apôtre®, tous nos membres sont consacrés à Dieu,

1. Var. : et s'en met en possession. pas...? — Les deux premiers mots La seconde leçon est nne surcharge sont effacés au crayon. Bossuet a au crayon. — Deforis : l'assujettit à écrit au-dessus au crayon : Aussi, son domaine et s'en met en posses- 5. Ms. et édit. : ses péchés. — II sion. — Corrigé dans l'édition faut, pensons-nous, voir ici un lap- Lachat. sus, ou une lettre mal faite.

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