‹ Œuvres oratoires de Bossuet (volume 3)Chapitre 400 sur 532 · Première rédaction (effacée · texte numérisé non relu

Première rédaction (effacée

VOUS être muni [s] d'un côté, la ruine ^ viendra de l'autre. Vous aurez tout assuré aux environs, l'édifice fondra tout à coup par le fondement ". Si le fondement est solide, un coup de foudre viendra d'en haut, qui renversera tout de fond en comble. Je veux dire simplement et sans figure que les malheurs nous assaillent et nous pénètrent par trop d'endroits pour pouvoir être prévus et arrêtés de toutes parts. Il n'y a rien sur la terre, enfants, amis, dignités, emplois, où nous mettions notre appui ", qui non seulement ne puisse manquer, [p. vii] mais encore ne puisse nous être tourné ^ en une amertume infinie ; et nous serions trop novices dans l'histoire de la vie humaine, si nous avions encore besoin qu'on nous prouvât cette vérité. Posons donc que ce qui peut arriver, ce que vous avez vu mille fois arriver aux autres, vous arrive aussi à vous-même [s] . Car, sans doute, vous n'avez point de sauvegarde"^ contre la fortune ; vous n'avez ni de privilèges, ni d'exemptions contre les communes faiblesses. Faisons donc qu'il arrive que l'espérance de votre fortune soit ruinée ® par quelque disgrâce imprévue, votre famille désolée par quelque mort désastreuse, votre santé ruinée par quelque cruelle maladie, si vous n'avez quelque lieu où vous vous mettiez à couvert, vous essuierez ' tout du long la fureur des vents et de la tempête, [p. viii] Mais où trouverez- vous cet abri ? Jetez les yeux de tous côtés ; le déluge a inondé toute la terre ; les maux en couvrent toute la surface, et vous ne trouverez pas même [où] mettre le pied^. Il faut donc chercher le moyen de sortir de toute l'enceinte du monde ^.

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