Yar. : que tu prends.,., tu res- 6. Var. : préserver
pires,... tu tâches... — L'ancienne 7. Ms. : dans ton sang et dans tes
rédaction était tout entière enapos- veines. — Yoy. note 4.
ohsei'ventur omnes dies^. » Puisqu'il a entrepris^ de nous surprendre si nous ne veillons, serons-nous plus industrieux à le prévenir qu'il ne sera prompt à frapper son coup ? Ou croyons-nous avoir contre lui d'autres précautions et d'autres moj^ens que celui qu'il nous a donné, de veiller toujours ? Quelle folie ! quel aveuglement ! [p. 28] quel étourdissement d'esprit ! et ^ quel nom donnerons-nous à une si haute extravagance ?
Permettons néanmoins aux hommes, si vous le voulez, de goûter paisiblement le plaisir de vivre ; accordons que la jeunesse puisse se promettre de longs jours, et ne lui envions pas '^ la triste espérance de vieillir. Pensez-vous qu'on doive fonder "^ sa future conversion sur cette attente ? Détrompez-vous, Chrétiens, et apprenez à vous mieux connaître. Telle est la nature de votre âme et de votre volonté, qu'elle ne peut, étant née ® libre, être forcée par ses objets, mais elle s'engage elle-même. Elle se fait comme des liens de fer et une espèce de nécessité par ses actes : c'est ce qui s'appelle l'habitude, dont je ne m'étendrai [pas] à vous décrire la violence trop connue et trop expérimentée. Je veux donc bien vous confesser qu'il y a une certaine ardeur des passions et une force trop violente de la nature, que l'âge peut tempérer. Mais cette seconde nature qui se forme par l'habitude, mais cette nouvelle ardeur encore plus tyrannique qui naît de l'accoutumance, le temps ne fait que l'accroître et l'affermir davantage. Quelle folie, de laisser fortifier un ennemi qu'on veut vaincre ^ ! Ainsi nous nous trompons déplorablement, lorsque nous attendons du temps le remède à nos passions, que la raison nous présente en vain. Si nous n'acquérons par vertu et par un [p. 29] effort généreux la facilité de les vaincre, c'est une folie ^