‹ Œuvres oratoires de Bossuet (volume 3)Chapitre 434 sur 532 · Var. : qui est la raison. — De- 6. Var. : ils voient · texte numérisé non relu

Var. : qui est la raison. — De- 6. Var. : ils voient

que la vengeance se déclare ^, avant même que nous la mentions ^. On ne dit pas toujours aux criminels la misère de leur triste état ; souvent on les voit pleins de confiance pendant que leur mort est résolue. Leur sentence n'est pas prononcée, mais elle est déjà écrite dans l'esprit des juges. Tel s'est trouvé perdu à la Cour et entièrement exclu des grâces, dont le crédit subsistait ' apparemment. Si la justice des hommes a ses secrets et ses mysières, la justice divine n'aura-t-elle pas aussi les siens ? Oui, sans doute, et bien plus terribles. Mais il faut l'établir par les Écritures. Écoutez donc ce qui est écrit au Deutéronome : « Sachez que le Seigneur votre Dieu punit incontinent ceux qui le haïssent, et ne diffère pas à les perdre, leur rendant dans le moment même ce qu'ils méritent : Reddens ^ odientihus se statim..., ut disperdat eos, et ultra non différât, protiniis eis restituens quod merentur '\ o) Pesez ces mots : [p. 34] incontinent, sans différer ^, dans le moment même. Est-il vrai que Dieu punisse toujours de la sorte ? Il n'est pas vrai, si nous regardons la vengeance qui ■éclate ; il est vrai, si nous regardons les peines cachées que Dieu envoie ^ à ses ennemis, peines si grandes et si terribles, que je vous ai démontrées dans ma première partie. Celui qui pèche est puni sans retardement, parce que la grâce se retire dans le moment même ; parce que sa foi diminue ; qu'un péché en attire un autre, et qu'on tombe toujours plus facilement après qu'on est affaibli par une première chute. Telles sont les peines affreuses qui suivent le crime dans l'instant qu'il est commis. C'est que ces hommes corrompus perdent toute crainte de Dieu, c'est-à-dire tout le frein de leur licence ; ces femmes achèvent de perdre tout ce qui leur reste ^ de

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