‹ Œuvres oratoires de Bossuet (volume 3)Chapitre 475 sur 532 · Edit.: La règle fondamentale tameyi Retract. .1, XJU · texte numérisé non relu

Edit.: La règle fondamentale tameyi Retract. .1, XJU

de l'honneur que nons rendons à la 3. Cette lumière, la lumière pré-

sainte Vierge et aux bienheureux sente.

esprits, c'est que nous le devons 4. Parties du monde. Ce n'est pas

rapporter tout entier à Dieu et à là une expression géographique.

notre salut éternel. Car, s'il n'était Dans l'ancienne philosophie, les

rapporté à Dieu, ce serait un acte parties du monde, ce sont les élé-

purement humain, et non un acte de ments, les astres, le ciel et tout ce

religion : et nous savons que les qui compose l'univers. Phrase era-

saints. étant pleins de Dieu et de sa pruntée au Panégyrique de saint

gloire, ne reçoivent pas {imr. : ne Victor, t. II, p. 349.

souffrent pas) des civilités purement 5. Var.: n'était pas solidaire et

humaines. — Première rédaction indivisible.

remplacée par notre texte. Les édi- 6. Première rédaction, supprimée

teurs interpolent celui-ci un peu plus pour abréger: c( Après qu'on eut

bas. commencé de violer la sainte unité

2. De vera reJiqione, n. 113 ; De de Dieu par l'injurieuse communi- Civit. Dei, lib. X, cap. III. ( Vid. cation de ce nom incommunicable

soit une inutile curiosité qui me fasse remarquer ces choses. Considérez combien le genre humain, qui a pu donner créance durant tant de siècles à ces erreurs insensées, était livré avant Jésus-Christ à la puissance des ténèbres, et de quel prodigieux aveuglement nous a tirés le Sauveur ^ par la lumière de son Évangile, ce Rendons grâces à Dieu pour son ineffable don, gratias Deo super inenarrahili dono ejiis^. »

Pour nous, nous n'adorons qu'un seul Dieu, toutpuissant créateur et dispensateur de toutes choses, au nom duquel nous avons été consacrés par le saint baptême (ô grâce mal conservée ! ô foi violée trop facilement!) et en qui seul [p. iv] nous reconnaissons une souveraineté absolue, une bonté sans mesure et la plénitude de l'être. Nous honorons les saints et la bienheureuse Vierge, non par un culte de servitude et de sujétion (car nous sommes libres pour tout autre ^, et ne sommes assujettis qu'à Dieu seul dans l'ordre de la religion^) ; mais ce nous les honorons, dit saint Ambroise, d'un honneur de charité et de société fraternelle ^ )) ; honoramus eos charitate, non servitute, comme dit saint Augustin ^ ; révérant ^ en eux les miracles de la main du Très-Haut, la communication de sa grâce, l'épanchement de sa gloire^.

Ne soyons donc pas de ceux qui pensent diminuer la gloire de Dieu et de Jésus-Christ quand ils prennent de hauts sentiments de la sainte Vierge et des saints : telle

on en vint successivement à une 1. Yar. : nous a tirés Jésus-Christ,

multiplication sans ordre et sans 2. II Cor., ix, 15

bornes, jusqu'à reléguer plusieurs 3. Tout autre que Dieu,

dieux aux foyers, aux cheminées et 4. Yar. : par la religion,

aux écuries, ainsi que saint Augustin 5. Lib. de Viduis, cap. ix.

le reproche aux Eomains et aux 6. De ver. Reliff., n. 110; cf. lib.

Grecs : on en mit trois à la seule XXI contr. Faust.

porte; et <( au lieu, dit ce saint 7. Yar. : et nous révérons,

évêque, qu'un seul homme suffit 8. Edit. : et la sainte et glorieuse

pour garder la porte d'une maison, dépendance par laquelle ils demeu-

les Grecs [var. : les hommes) ont rent éternellement soumis à ce pre-

voulu qu'il y eût {var. : qu'il y ait) mier Être, auquel seul nous rappor-

trois dieux :^ U?ium quisque domui tons tout notre culte, comme au

suce ponit ostiarium, et, quia homo est, seul principe de tout notre bien et

omnino sufficit ; très deos isti posue- au terme unique de tous nos désirs.

runt )) (De ver. reliç., n. ILS; De Bossuet, d'un trait en marge, a

Civit. Dei, lib. lY, cap. m). A quel retranché cette queue de phrase,

dessein tant de dieux, sinon pour qu'il jugeait avec raison trop char-

déshonorer ce grand nom et en gée d'incidentes, avilir la majesté ?

est la vaine appréhension des ennemis de l'Église. Mais certes c'est attribuer à Dieu une faiblesse déplorable que de le rendre jaloux de ses propres dons et des lumières qu'il répand sur ses créatures ; car que sont les saints et la sainte Vierge, que ^ l'ouvrage de sa main et de sa grâce ? Si le soleil était animé, il n'aurait point de jalousie en voyant la lune qui préside à la nuit, comme dit Moïse ", par une lumière si claire, parce que toute sa clarté dérive de lui et que c'est lui-même qui nous luit et qui nous éclaire par la réflexion de ses rayons. Quelque haute perfection C[ue nous reconnaissions en Marie, Jésus-Christ pourrait-il en être jaloux, puisque c'est de lui qu'elle est découlée, et que c'est à sa seule gloire Cju'elle se rapporte ? C'est une erreurmisérable. Mais ils sont beaucoup plus dignes de compassion, lorsqu'ils nous [accusent] d'idolâtrie dans la pureté de notre culte, et qu'ils en accusent avec nous les Ambroises, les [p. v] Augustins et les Chrysostomes, dont ils confessent eux-mêmes, je n'impose^ pas, que nous suivons la doctrine, la pratique et les exemples. Il ne faut pas que des reproches si déraisonnables, qu'ils font avec tant d'aigreur à l'Église catholique, nous aigrissent nous-mêmes contre eux ; mais qu'ils nous fassent déplorer les excès où sont emportés les esprits opiniâtres et contredisants, et nous inspirent par la charité un désir sincère de les ramener et de les instruire.

Comme nous n'avons qu'un seul Dieu, aussi ^ n'avonsnous qu'un médiateur universel ; et c'est celui qui nous a sauvés par son sang. Quelques philosophes païens estimaient que la nature divine était inaccessible aux mortels, qu'elle ne se mêlait ^ pas immédiatement et par elle-même dans les affaires humaines, où sa pureté, disaient-ils, se serait souillée ; et que, ne voulant pas [p. VI ] que des créatures si faibles que nous pussent aborder son trône, elle avait disposé des médiateurs

1. Que sont... ^we, sinon. ^ni'posait.yyfOi-. funèbre de Madame).

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