Yar. : engage
volonté divine : Voici, dit-elle, la servante du Seigneur ; qu'il me soit fait selon votre pai'ole \ Heureuse de n'avoir parlé que pour conserver sa virginité et pour témoigner son obéissance !
Mais admirez sa modestie ^ : dans un état de gloire qui surprend les hommes et les anges, elle ne se remplit pas d'elle-même ni des pensées de sa grandeur ; renfermée dans sa bassesse profonde, elle s'étonne que Dieu ait pu arrêter [p. xivj les yeux sur elle : Il a, dit- [elle] ^, regardé la bassesse de sa servante ^. Bien loin de se regarder comme la merveille du monde, auprès de qui chacun se doit empresser, elle va chercher ellemême sa cousine sainte Elisabeth, et, plus soigneuse de se réjouir des avantages des autres que de considérer les siens, elle prend part aux grâces dont le Ciel avait honoré la maison de sa parente. Elle célèbre avec elle les miracles qui se sont accomplis en elle-même, parce qu'elle l'en trouve instruite par le Saint-Esprit. Partout ailleurs elle écoute, elle conserve tout en son cœur °, mais elle garde un humble silence. Ainsi elle condamne tous ceux qui ne se sentent pas plus tôt le moindre avantage, qu'ils fatiguent toutes les oreilles de ce c[u'ils ont dit, de ce qu'ils ont fait ^, de ce qu'ils ont mérité '^y et fait voir à toute la terre, par son incomparable modestie, qu'on peut être grand sans éclat, qu'on peut être bienheureux sans bruit, et qu'on peut trouver la [p. xv] vraie gloire sans le secours de la renommée, dans le simple témoignage de sa conscience.
Telle est, Messieurs, cette Vierge dont je vous dis encore une fois que vous ne serez jamais les dévots, si vous n'en êtes les imitateurs. Dressez aujourd'hui à son honneur une image sainte, soyez vous-même [s] son image. Chacun, dit saint Grégoire de Nysse^, est le peintre et le scidpteur de sa vie. Formez la vôtre sur la sainte Vierge, et soyez de fidèles copies d'un si par-