‹ Œuvres oratoires de Bossuet (volume 3)Chapitre 61 sur 532 · In Ps. XXXVIII, n. 2. — 12. Var. : je suppose · texte numérisé non relu

In Ps. XXXVIII, n. 2. — 12. Var. : je suppose

(î. Bossuet a détaché plus tard, 13. Var.: que la vie vous y semble

vers 1669, les pages iii-vil de ce douce, second point. A cette occasion, il a

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agitée, que vous vous fiiez ' tout à fait à cette bonace : et c'est pourquoi je ne vois point d'homme sensé ^ qui ne se destine un lieu de retraite, qu'il regarde de loin, comme un port dans lequel il se jettera, quand il sera [p. iv] poussé par les vents contraires. Mais cet asile, que vous vous préparez contre la fortune, est encore de son ressort ; et si loin que vous puissiez étendre votre prévoyance, jamais vous n'égalerez ^ ses bizarreries : vous penserez vous être muni d'un côté, la disgrâce viendra de l'autre ; vous aurez tout assuré aux environs, l'édifice manquera'^ par le fondement. Si le fondement est solide, un coup de foudre viendra d'en haut, qui renversera tout "^ de fond en comble : je veux dire ^ simplement et sans figure que les malheurs nous assaillent et nous pénètrent par trop d'endroits, pour pouvoir être prévus et arrêtés de toutes parts. Il n'y a rien sur la terre où nous mettions notre appui, qui non seulement ne puisse manquer, mais encore nous être tourné en une amertume infinie. Et nous serions trop novices dans l'histoire de la vie humaine, si nous avions besoin que l'on nous prouvât cette vérité.

Posons donc que ce qui peut arriver, ce que vous avez vu mille fois arriver aux autres, vous arrive aussi à vousmême [s]. Car, mes Frères, vous n'avez point de sauvegarde de la fortune; vous n'avez ni d'exemption '^ ni de privilège contre les faiblesses communes. Qu'il arrive que votre fortune soit renversée par quelque disgrâce, votre famille désolée par quelque mort désastreuse ^', votre santé ruinée par quelque longue et fâcheuse [p. v] maladie ; si vous n'avez quelque lieu où

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