‹ Œuvres oratoires de Bossuet (volume 4)Chapitre 166 sur 296 · Var. \ votre table · texte numérisé non relu

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SERMON SUR LA LOI de DIEU (').

23 février 1653 (Quinquagésime). A Metz.

Avec ce sermon, nous assistons à un plus grand effort de l'éloquence de Bossuet : l'entretien « embrasse, comme il le remarque, tous les devoirs de la vie humaine. » Aussi est-il entré dans les recueils de 5^;';;2^/2j-^Z!^2J2>. M. Gandar en a donné une édition critique ; M. Gazier a encore perfectionné sur quelques points la constitution du texte. On trouvera ci-après (année 1659) un nouveau début composé pour ce discours, lorsque l'orateur le reprit devant une communauté de Paris. Les anciens éditeurs n'en font qu'un des deux.

Sommaire (2). Cogitavi vias meas.

[Exorde.] Diversité d'actions parmi les hommes. Animaux plus uniformes. Occupations serviles, ou vaines, ou folles, ou criminelles (p. 3). Un guide pour mes erreurs, une règle pour mes désordres, un repos pour mes inconstances (p. 5).

[i^"" point.] Ignorance humaine : nous ne savons ce qui nous est propre (p. 7, 8, 9, 10, 11, etc.). — Consiliuui ineuin justificationcs tiiœ. — Intellectitm dat parvulis. — Super senes intellexi (p. 13, 14, 15). — Hasard conduit les affaires (p. 17). — Aller à JÉSUS-CIIRIST pour être enseignés (p. 20).

[2"^^ point.] Ordinatione tua persévérât dies. — Nisiquodîcx tua ... Beau d'être gouverné par la sagesse de Dieu (p. 28, 29).

[3*^ point] Trouble de la vie. Espérance trompeuse. Repos en Dieu

[Péroraison.] Carnaval (p. 37, 38).

Cogitavi 7>ias vicas., et converti pedcs 7?ieos in testiniotiia iua.

J'ai étudié mes voies, et enfin j'ai tourné mes pas du côté de vos témoi- <:înafTes. {^Ps. cxviii, 59.)

PU ISOUE la licence effrénée tient iiiainicniint ses grands jours, puisque en haine delà pénitence (pie nous allons bientôt commencer, le diable s'efforce de noircir ces jours par l'infamie de tant d'excessives débauches, c'est une institution sainte et salutaire de les sanctifier, autant que ncnis le pourrons, par des prières publiques et par la parole divine. Mais comme durant ce temps les hommes ensevelis dans la bonne

1. Mss. 12821, f 426-441. In-4". — et petit in-f*, sans luarpe.

2. Nous donnerons, à Tanncc 1659, le sommaire des remaniemenls posldricurs.

chère (') semblent avoir oublié qu'ils sont faits à l'image de Dieu, puisqu'ils égalent leur félicité à celle des betes brutes, j'ai cru que je ferais une chose fort profitable à votre salut, si je vous représentais aujourd'hui, avec le prophète David, les vrais devoirs de la vie humaine. C'est pourquoi j'ai choisi ce verset du psaume cxviii, où ce grand roi et ce grand prophète, après avoir considéré ce qu'il a à faire en ce monde, nous déclare tout ouvertement qu'il n'a point trouvé de meilleures voies que celles de la loi de Dieu. « J'ai étudié mes voies : » fidèles, rendez-vous attentifs à une délibération de cette importance. Cet excellent serviteur de Dieu, qui nous a laissé les paroles que je vous ai rapportées, dès sa tendre jeunesse a eu à se défendre de puissantes inimitiés ; il s'est trouvé souvent impliqué dans les dangereux intérêts des princes et des potentats; il a eu à gouverner un puissant Etat, oià il {') avait à s'établir contre les restes de la famille de Saul,^son prédécesseur; enfin, durant un règne fort long, jusques à ses dernières années, il lui a fallu soutenir l'embarras, non seulement d'une cour factieuse et de sa propre maison toujours agitée de cabales, mais encore de cruelles guerres et civiles et étrangères. Toutefois,si vous lui demandez sa pensée touchant ce qu'il nous propose dans ce sao-e et admirable verset que je vous ai allégué pour mon texte, Il ne craindra pas de vous dire que jamais il n'a eu une affaire plus importante. Puis donc qu'étant impuissants de nous-mêmes, d'autant plus {') que les choses sont de conséquence, d'autant plus nous avons besoin de l'assistance divine : adressons-nous, mes frères, avec une ferveur extraordinaire, au Père de toute lumière, afin qu'il lui plaise, par sa bonté, nous remplir de son Esprit-Saint aux prières de la sainte Vierge. [Ave.']

[P. i] Dans cette importante délibération ('^), chrétiens, je me représente que, venu tout nouvellement d'une terre inconnue et déserte,séparée de bien loin du commerce et de

1. Var. dans leurs délices brutales... l'image de leur Créateur

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