‹ Œuvres oratoires de Bossuet (volume 4)Chapitre 175 sur 296 · Var. De sorte que, dans · texte numérisé non relu

Var. De sorte que, dans

3. Première rédactio7i effacée : que les affaires du monde sont de telle nature que souvent elles se gâtent par trop de précautions.

4. Excellente correction de Gandar. Les anciens éditeurs, et Lâchât avec eux, avaient lu : les vues des affaires, ce qui n'offrait aucun sens.

une conduite certaine, laissez-vous gouverner à cette divine Sagesse qui régit si bien toutes choses.

Et ne me dites pas qu'elle passe votre portée : ne voyezvous pas que, par une extrême bonté, elle s'est rendue sensible et familière? Elle est, pour ainsi dire, coulée dans les Écritures divines; d'où les prédicateurs la tirent pour vous la prêcher; et là cette Sagesse profonde, qui donne une nourriture solide aux parfaits, a daigné se tourner en lait pour sustenter les petits enfants. Mais que pouvons-nous désirer davantage, après que cette Sagesse éternelle s'est revêtue d'une chair humaine, afin de se familiariser avec nous? Nous ne pouvions trouver la voie assurée à cause de nos erreurs; «la voie même est venue à nous : » Ipsa via ad te venit, dit saint Augustin (''); car le Sauveur Jésus est la voie. [P. 19] C'est cet excellent Précepteur que nous promettait Isaïe : « Tes oreilles entendront, dit-il, la voix de celui qui, marchant derrière toi, t'avertira de tes voies ('^), et tes yeux verront ton Précepteur : » Erunt octtli ttà videntes Prœceptorcm tuum(^). O ineffable miséricorde! Fidèles, réjouissons-nous : nous sommes des enfants ignorants de toutes choses; mais puisque nous avons un tel Maître, nous avons juste sujet de nous glorifier de notre ignorance, qui a porté notre Père céleste à nous mettre sous la conduite d'un si excellent Précepteur.

Ce bon Précepteur, il est Dieu et homme ! O souveraine autorité ! ô incomparable douceur! Un maître a tout gagné quand il peut si bien tempérer les choses, qu'on l'aime et qu'on le respecte : je respecte mon Maître, parce qu'il est Dieu ; et afin que mon amour pour lui fût plus familier et plus libre, il a bien voulu se faire homme. Je me défierais d'une prudence, et je secouerais aisément V\ joug d'une autorité purement humaine : « Celle-là est trop sujette à faillir, celle-ci semble trop méprisable ('). 5> Taui illa falli facilis, (jîiajH ista contcnini ('0, dit Tertullien (-'). Mais je ploie et je me captive sous les paroles magistrales du Sauveur

a. Serin. CXLI, n. 4 — b. h., xxx, 21. — c. Ihid., 20. — d. Apolojr.^ n. 45.

1. * Autre Iniduction, subslituoe h celle-ci en 1659 : « Ccllc-!.\ est trop sujette- h l'erreur, celle-ci trop exposée au mépris. » — M s. /ahi fiuilis.

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