‹ Œuvres oratoires de Bossuet (volume 4)Chapitre 220 sur 296 · lidit. la délicatesse de la table · texte numérisé non relu

lidit. la délicatesse de la table

3. Les éditeur^ placent ici la phrase supprinice plus haut <\ Le pain, ctc^ > avec un complément de leur fai;on.

i\. lùiit. le travail.

5. Correction qui remplace : « causées. » Nous l'acceptons ici, bien qu'elle soit de date postérieure : l'.iutcur paraît avoir réprouvé sa première rédaction.

mcme est mort au monde. Certes, poursuit ce savant interprète, l'Apôtre considérait que non seulement les vivants ont quelques sentiments les uns pour les autres, mais qu'il leur reste encore quelque affection pour les morts ; qu'ils en conservent le souvenir, et rendent du moins à leurs corps les honneurs de la sépulture. Tellement que saint Paul, pour nous faire entendre jusqu'à quelle extrémité le fidèle doit se dégager des plaisirs du siècle : Ce n'est pas assez, dit-il, que le commerce soit rompu entre le monde et le chrétien, comme il l'est entre les vivants et les morts ; car il peut y rester quelque petite alliance : mais tel qu'est un mort à l'égard d'un mort, tels doivent être l'un à l'autre le monde et le chrétien.

O terrible raisonnement pour nous autres lâches et efféminés, et qui ne sommes chrétiens que de nom! Mais le grand saint Bernard l'avait fortement gravé en son cœur. Car ce qui nous fait vivre au monde, c'est l'inclination pour le monde. Ce qui fait vivre le monde pour nous, c'est un certain éclat qui nous charme dans les biens sensibles. La mort éteint les inclinations; la mort ternit le lustre de toutes choses. Voyez le plus beau corps du monde : sitôt que l'âme s'est retirée, bien que les linéaments soient presque les mêmes, cette fleur de beauté s'efface, et cette bonne grâce s'évanouit. Ainsi le monde n'ayant plus d'appas pour Bernard, et Bernard n'ayant plus aucun sentiment pour le monde, le monde est mort pour lui, et lui il est mort au monde.

Chrétiens ! quel sacrifice le pieux Bernard offre à Dieu par ses continuelles mortifications ! Son corps est une victime que la charité lui consacre : en l'immolant elle le conserve, afin de la (') pouvoir toujours immoler. Que peut-il présenter de plus agréable au Sauveur Jésus, qu'une âme (^) dégoûtée de toute autre chose que de Jésus même ; qui se plaît si fort en Jésus, qu'elle craint de se plaire en autre chose qu'en lui ; qui veut être toujours afiîigée, jusqu'à ce qu'elle le possède parfaitement ? Pour Jésus le pieux Bernard se dépouille de toutes choses, et même, si je l'ose dire, pour Jésus il se dépouille de ses bonnes œuvres.

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