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3. Les éditeurs corrigent cette anacoluthe, et disent : « se rendant ainsi. »
4l6 PANÉGYRIQUE DE SAINT BERNARD.
de la terre? Il semblait que Dieu ne voulait pas l'attacher à aucune église en particulier, afin qu'il fût le père commun de toutes.
Les signes et les prodiges suivaient la prédication des apôtres : que de prophéties, que de guérisons, que d'événements extraordinaires et surnaturels ont confirmé les prédications de saint Bernard ! Saint Paul se glorifie qu'il prêchait, non point avec une éloquence affectée, ni par des discours de flatterie et de complaisance (''), mais seulement qu'il ornait ses sermons de la simplicité et la vérité : qu'y a-t-il de plus ferme ni (') de plus pénétrant que la simplicité de Bernard, qui captive tout entendement au service de la foi de Jésus? Lorsque les apôtres prêchaient Jésus-Chrtst, une ardeur céleste les transportait, et paraissait tout visiblement dans la véhémence de leur action ; ce qui fait dire à l'apôtre saint Paul qu'il agissait hardiment en Notre-Seigneur (^), et que sa prédication était accompagnée de la démonstration de l'Esprit {'). Ainsi paraissait le zélé Bernard, qui prêchant aux Allemands dans une langue qui leur était inconnue, ne laissait pas de les émouvoir, à cause qu'il leur parlait comme un homme venu du ciel, jaloux de l'honneur de Jésus.
Une des choses qui était autant admirable dans les apôtres, c'était de voir en des personnes si viles en apparence cette autorité magistrale, cette censure généreuse, qu'ils exerçaient sur les mœurs, cette puissance dont ils usaient pour édifier, non pour détruire. C'est pourquoi l'Apôtre, formant Timothée au ministère de la parole : « Prends garde, lui dit-il, que personne ne te méprise ('^). » Dieu avait imprimé sur le front du vénérable Bernard une majesté (^) si terrible pour les impies, qu'enfin ils étaient contraints de fléchir : témoin cet enragé (^) prince d'Aquitaine, et tant d'autres, dont ses seules paroles ont souvent désarmé la fureur.
Mais ce qui était de plus divin dans les saints apôtres, c'était cette charité pour ceux qu'ils prêchaient. Ils étaient pères pour la conduite, et mères pour la tendresse, et nour-
a. I Tkess., il, 5. — â. Ibid.^ 2. — c.\ Cor., Il, 4. — d. I Tùn., iv, 12.