SUR LE JUGEMENT DERNIER. EXORDE
comme tombé du sein de son Pcre dans celui d'une femme mortelle, ensuite dans une étable, et de là, par divers degrés de bassesse, jusqu'à l'infamie de la croix, jusqu'à l'obscurité du tombeau. Mais c'est là qu'il commence à se relever : il ressuscite, il monte aux cieux, il y entre en possession de sa gloire ; et afin que cette gloire qu'il y possède se déclare à tout l'univers, il en descendra un jour en grande pompe et majesté pour juger les vivants et les morts.
C'est ce mystère, messieurs ('), que l'Eglise a dessein de nous faire aujourd'hui remarquer, lorsque dans ce temps consacré à la première venue de Notre-Seigneur dans la faiblesse de notre chair, elle nous fait lire d'abord l'évangile de sa gloire et de son avènement magnifique, afin que nous contemplions d'une même vue ces états dissemblables dans lesquels il lui a plu de paraître au monde, premièrement le jouet, et ensuite la terreur de ses ennemis; là jugé comme un criminel, ici juge souverain de ses juges mêmes. Suivons, messieurs, ses intentions ; avant que de contempler combien Jésus-Christ est venu faible, considérons aujourd'hui combien il apparaîtra redoutable ; et prions la divine Vierge, dans laquelle il s'est revêtu de nos bassesses, de vouloir nous obtenir la connaissance du mystère de sa gloire, en lui disant avec l'Ange ('): [Ave, gratia plena?^
nihil... (1667); 4° au début du panégyrique de saint Thomas de Cantorbcry (1668) ; 5" dans une courte esquisse d'un panégyrique de saint François d'Assise (octobre 1670).
1. Ces mots sont illisibles dans le fac-similé, fait au trait; mais nous les avons lus très distinctement sur l'original.
2. On comprend que l'évêc|ue de Lisieux ait été si enthousiasmé par le discours qui débutait ainsi, qu'il voulut présenter à la reine Anne d'Autriche auteur et discours. Toutefois ce projet ne put se réaliser. (Voy. P'ioquet, Etudes... I,p. II.)
Sur le PÉCHÉ D'HABITUDE (').
Vois 16 '+6.
^ Vers 115 '+(3. ^;r
On lit sur le manuscrit cette note effacée: â/. de. Sarlat. Elle siL^nifie (jue Bossuet écrit cette es(iuisse après avoir entendu un scnnon cle révécjue de Sarlat, Jean de Lingendes, qui prêcha à la Cour le Carême de 1645, et les (juatre stations suivantes. (Voy. Gandar, Bossuct orateur, p. / ; Jacquinet, Les Prédicateurs du A' /VA siècle avant Bossuet, p. 256; Hurcl, Les Orateurs sacrés à la Cour de Louis XIV, Introd., XI, et I,p. 5 ; et notre Histoire critique, p. 120.)
Erat aictein œi^er /ri oint a ûctfl ajiiios habens in itifirmitate sua. {Joan.^ V.)
PAR ce malade est fort bien représenté le pécheur endurci qui vieillit dans sa maladie et dans sa corruption. C'est la plus dangereuse maladie des chrétiens, et par conséquent qui a besoin d'être traitée avec une très grande et très exacte diligence. Or pour traiter une maladie, il faut premièrement en connaître les principes et la nature ; ensuite il en faut remarquer et découvrir les suites ; et enfin il faut choisir les remèdes les plus convenables.