AV/V. dans son indigence
dons-nous à faire pénitence ? Que ne prévenons-nous sa fureur par un sacrifice de larmes ? Que ne mettons-nous fin au long désordre de notre vie? Que ne rachetons-nous « nos iniquités par aumônes (') », ouvrant nos cœurs sur la misère du pauvre ? Ah ! Seigneur, nous vous avons grandement offensé, nous ne sommes pas dignes d'être appelés vos enfants; détournez votre colère de dessus nous, de peur que nous ne disparaissions devant votre face comme la poudre qui est emportée par un tourbillon. Nous vous en prions par Jésus- Christ votre Fils, qui s'est offert pour nous en odeur [de] suavité.
C'est ainsi, messieurs, qu'il nous faut fléchir sa miséricorde ; c'est par là qu'il nous faut obtenir cette paix que nous attendons il y a si longtemps. Il semble à tout coup que Dieu nous la veuille {^) donner ; et si elle est retardée, ne l'attribuons à aucune raison humaine : c'est lui qui attend de nous les derniers devoirs. Elle ne (^) tient plus guère en ses mains, on dirait qu'il y porte ('*) le cours des affaires : arrachons-la lui par le zèle {^) de nos prières ; et surtout, si nous voulons qu'il nous fasse miséricorde, ayons compassion de nos pauvres frères, que la misère du temps réduira peut-être à d'étranges extrémités. Ainsi puissionsnous recevoir abondamment les faveurs du ciel ; que Dieu rende le premier lustre à cette ville autrefois si florissante ; qu'il rétablisse les campagnes désolées ; qu'il fasse revivre partout aux environs le repos et la douceur d'une paix bien affermie ; et pour établir une concorde éternelle
1. /uà'/. par nos aumônes. — Bossuet traduit littéralement, comme il aimera toujours à le faire, une expression des saints Livres: Pcccata tua eleemosynis rediinc (Dan., iv, 24). Du reste ce style, nourri de l'Écriture dans presque toutes les phrases, montre combien il était plein de cette étude dès le temps du Collci;e de Na\arre