Var. cherchez cet égaré — cherchez-le
5. Var. Mais pour contenir notre esprit, le moyen le plus assuré, c'est d'échauffer notre cœur.
de l'esprit de rouler toujours en lui-même par un mouvement éternel (') ; tellement qu'il serait toujours dissipé par sa propre agitation, si Dieu n'avait mis dans la volonté une certaine vertu qui le fixe et qui l'arrête. Mais, mes frères, une volonté languissante (^) jamais ne produira un si bel effet. Il faut qu'elle ait de la ferveur, autrement l'esprit lui échappe et elle s'échappe à elle-même (^). Dieu aussi s*éloigne de nous quand nous ne lui apportons que des désirs faibles. Car, mes frères, il nous faut entendre cette doctrine de l'Apôtre, que cet Esprit tout-puissant que nous adorons est le même qui excite en nous les fervents désirs (^) par lesquels nous sommes pressés de l'adorer. Il n'est pas seulement l'objet, mais le principe de notre culte ; je veux dire qu'il nous attire au dehors, et que lui-même nous pousse au dedans. Ecoutez comme parle l'apôtre saint Paul : « Dieu a envoyé en nos cœurs l'Esprit de son Fils qui crie en nous : O Dieu, vous êtes notre Père ('') ; » et'ailleurs : « L'Esprit aide notre infirmité (^) ; » et encore: « L'Esprit prie en nous avec des gémissements inexplicables (^). » Cela veut dire, mes frères, que cet Esprit {') qui procède du Père et du Fils, et que nous adorons en unité avec le Père et le P'ils, est le saint et divin auteur de nos adorations et de nos prières. Mais considérez avec attention qu'il ne nous pousse pas mollement. Il veut crier et gémir, nous dit le saint Apôtre, « avec des gémissements inexplicables.» Il faut donc que nous répondions par notre ferveur à cette sainte violence ; autrement nous ne prions pas, nous n'adorons pas en esprit. Le Saint-Esprit veut crier en nous ; ainsi nous l'affaiblissons, si nous ne lui prêtons qu'une faible voix. Cet Esprit ve.ut gémir en nous ; nous dégénérons de sa force, si nous ne lui offrons qu'un cœur languissant. Enfin le Saint-Esprit veut nous échauffer; et nous laissons éteindre l'esprit, contre le précepte
a. Galat., IV, 6. — b. Rom.^ Vlil, 26. — c. Ibid.
1. Première rédactio7i (effacée ) : d'être 7nii d'un mouvement éternel.
2. Var. n'aura jamais cette force. — Note marginale: Gignit sihi mentis intentio solitudinem (S. Aug., De divers. Qiiœst. ad Siinplic.^ lib. II).