‹ Œuvres oratoires de Bossuet (volume 5)Chapitre 195 sur 573 · Var. porter les péchés · texte numérisé non relu

Var. porter les péchés

6. Edit. Oh ! je... — Cette interjection (ô) paraît effacée ; et le mot suivant commence par une majuscule.

7. Edit. eh ! mon Père. — Le manuscrit porte et. Il est vrai que souvent l'interjection est écrite ainsi ; mais rien n'empêche en cet endroit de conserver la conjonction. Les éditeurs ont multiplié ici les exclamations : « Oh !... eh ! > Cette interprétation, sans être manifestement fautive, n'est ni la plus simple ni la plus naturelle. Quant h l'adjectif possessif, il est formellement effacé.

Sermons de Bossuet. — V. 14

je boive encore, pour ainsi dire, tant d'iniquités, et que je me voie l'unique sujet de tant d'horribles blasphèmes, de tant de violences furieuses ? Pater ! si possibile est, transfer calicem istinii a me (^) : « O Père ! s'il est possible, délivrezmoi du moins de cette amertume. Et toutefois, ajoute-t-il, non ma volonté, mais la vôtre : » Ver2imta}nen non niea voluntas, sed tîca fiât i^). Quoi donc ! la volonté du Père céleste est-elle dans la trahison de Judas, dans la fureur des pontifes, et dans tous les autres crimes énormes dont je vous ai fait tant de fois le dénombrement ?

C'est ici qu'il nous faut entendre, avec le grand saint Augustin ('■), que Dieu préside même aux mauvais conseils ; que, malgré les mauvaises intentions ('), il les bride, il les pousse, il lâche la main ; il les tient domptés et captifs (^) (Dieu tout-puissant et tout bon ne permettrait pas tant de péchés) : qu'il ordonne les ténèbres aussi bien que la lumière : c'est-à-dire qu'il rapporte aux desseins secrets de sa providence non moins les complots criminels que les actions vertueuses ; et que, quelque effort que les méchants fassent pour se retirer de lui, ils retombent d'un autre côté dans l'ordre de sa sagesse (^).

Ainsi osez tout, ô méchants esprits ; attaquez, pressez, accablez, aiguisez vos langues malignes, enfoncez bien avant vos dents venimeuses, assouvissez par vos médisances cette humeur malfaisante qui vous domine : le fidèle doit vivre (^) en repos ; parce que vous pouvez bien entreprendre, mais vous ne pouvez rien opérer {^) que ce que Dieu veut. Vous lancez vos traits empoisonnés ; mais ils ne portent pas toujours oii votre main les adresse (^) ; Dieu les rabat contre

a. Luc.^ xxn, 42. — Ms... si fieri potest^,.. calicem hune... — b. Ibid. — c. Lit. de Grat. et Lib. Arbi/r.^ n. 41, 42 ; Serm. cxxv, n. 5.

1. Notre interprétation diffère, dans cette phrase compliquée, de celle des précédents éditeurs. Ils étaient d'ailleurs obligés tantôt d'ajouter, tantôt de retrancher au texte du manuscrit.

2. Var. préside aux mauvais conseils, et les conduit à ses fins cachées.

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