Var. nous avons demeuré
tenez-nous cette grâce de ressusciter avec lui. Nous nous jetons à vos pieds, et pour honorer la joie infinie que ressentit votre cœur en voyant ce cher Fils sorti du tombeau, non plus grand mais plus glorieux qu'il n'était sorti autrefois de vos entrailles très pures, nous vous disons avec l'Église (') : Regi7ia cœli.
I. Bossuet allait écrire par habitude : «avec l'Ange ; > il s'interrompt au milieu de ce mot.
Des surcharges écrites en 1666 sur le manuscrit de 1661, une seule était assez importante pour pouvoir être donnée à part. Nous l'avions réservée pour la date où nous voici parvenus. Elle est écrite à la suite de l'ancien sermon :
< Je désire principalement votre entière conversion à Celui qui vous fait régner. Car encore que tant d'actions que le monde admire vous attire[nt] devant les hommes d'immortelles louanges, Dieu juge par d'autres règles, et il y aura beaucoup à diminuer quand il faudra subir {var. souffrir) la rigueur de son examen {var. paraître à son tribunal). Je souhaite donc, ô grand roi.. .> — Inachevé.
DE LA QUINQUAGESIME (').
Prêché à Paris ('), en 1667.
Après le Carême de Saint-Ger7nain, Bossuet était retourné dans son canonicat de Metz, «suivant sa coutume, » dit l'abbé Ledieu Q). Bien qu'il soit revenu à Paris le mois d'août de la même année ('•), nous ne trouvons aucune prédication qu'il faille dater de 1666. Les éditions modernes, d'après une indication fournie par les Etudes... de A. Floquet, y assignent, il est vrai, le sermon pour la Vêture de mademoiselle de Beauvais ; mais nous verrons que cette cérémonie n'eut lieu que l'année suivante.Une des lettres que Bossuet adressa à cette époque au ministre P. Ferry, au sujet d'un projet de réunion des protestants de Lorraine à l'Église catholique, débute par ces mots : « Depuis la très obligeante lettre que vous m'avez fait l'honneur de m'écrire, monsieur, j'ai presque toujours été comme errant en divers endroits (5). »
Tout au début de 1667 se place dans l'histoire de la prédication de Bossuet une œuvre fort importante, qui malheureusement ne nous a pas été conservée: c'est V Oraisoyi funèbre d' Anne d' Autriche, Elle fut prononcée dans la chapelle des Carmélites de la rue du Bouloi, le 18 janvier 1667, « au service solennel du bout de l'an,» dit Ledieu dans ses Mémoires (^). Le souvenir du texte initial est seul venu jusqu'à nous : c'était ce verset d'Isaïe (xxxill, 6): Timor Domini ipse est thésaurus ejiis ; que Ledieu traduit ainsi : « La crainte de Dieu était son trésor. »
Ce fut bientôt après, croyons-nous, que Bossuet composa l'important sermon qu'on va lire. Les éditeurs ne paraissent pas s'être
1. Mss.^ 1282 1, f. 389-416. — In-4°, avec deux cinquièmes de marge, même pour \Ave. — Anctemtes édit. SUR l'utilité des souffrances.
2. En 1667, Bossuet ne repartit pour Metz qu'au mois d'avril (Floquet, Etudes^ 111,130).