‹ Œuvres oratoires de Bossuet (volume 5)Chapitre 225 sur 573 · Var. rejeter souvent · texte numérisé non relu

Var. rejeter souvent

Que les hommes aiment ici à être flattés ! Ils veulent que nous leur fassions un Évangile commode, qui joigne le monde avec Jésus-Christ. Ils consultent, ils font des questions sur la morale chrétienne. Tant que nous nous tenons sur les maximes générales de la régularité, ils écoutent tranquillement : que si l'on vient au détail ; si l'on commence à leur faire voir les obligations particulières, si on leur annonce en simplicité les salutaires rigueurs des voies étroites de l'Évangile ; si on commence à leur faire voir que ces moyens de profiter ne sont pas permis, que ce commerce est pernicieux, et que « qui aime le péril y périra {") ; » que ces grands divertissements qui semblent innocents sont très dangereux ('), parce qu'ils emportent une étrange dissipation qui fait que l'homme s'échappe à lui-même ; et qu'enfin (') il n'est pas permis au chrétien d'abandonner tout à fait son cœur aux plaisirs licites, etc., nous éprouvons tous les jours qu'on nous arrête, qu'on nous détourne ; on craint {') que nous n'enfoncions trop avant : on cesse d'interroger, et on appréhende de voir trop clair : £^ ti77iebant etim mteri^ogare de hoc verbo (^).

Optirnus minister tuus est, qui non magis mtîtetur hoc a te audire quod \ipse\ voluerit, sed \^potius~\ hoc velle quod \a te~\ atidierit (^). « Celui-là est un véritable disciple de Jésus- Christ et de l'Évangile, qui s'approche de ce divin Maître non pour entendre ce qu'il veut, mais pour vouloir ce qu'il entend. »

Aimons donc qu'on nous mène par les sentiers droits : laissons les voies détournées à ceux qui ne craignent pas de (^) hasarder leur éternité. [x\imons] ce qui abat le règne

a. Eccli.^ III, 27 — b, Luc.^ IX, 45. — Ms. de verbo hoc. — S. Aug., Con/ess. lib. X, cap. XXVI.

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