‹ Œuvres oratoires de Bossuet (volume 5)Chapitre 243 sur 573 · Var. tant de désirs déshonnêtes · texte numérisé non relu

Var. tant de désirs déshonnêtes

cabinet, et fermez la porte sur vous. Il est temps de se cacher avec Jésus-Christ : il est temps non de paraître, mais de se cacher ; non de dominer ('), mais de dépendre ; non de s'élever au-dessus des autres, mais de se mettre aux pieds de tous ; non de se pousser aux premiers rangs dans le siècle, mais de tenir le dernier dans la maison de votre Dieu.

Comment pourrions-nous recevoir la gloire que le monde donne au vice, puisque nous ne voulons pas même recevoir celle qu'il donne à la vertu ? «Glorifiez-moi vous-même, mon Père, parce que je ne reçois point la gloire des hommes : » Clarijica me tu, Pater (f) .../ claritateyii ab hojninibus non accipio {^). Non seulement je ne la recherche pas, mais même je ne la reçois pas. Elle me veut donner le change. Ainsi puissiez-vous, dans votre retraite, trouver Dieu qui seul vous contente (^), et rencontrer par sa grâce autant d'ornements dans vos mœurs que vous en avez généreusement méprisé dans votre fortune : Tarn pretiosa reqicirit in moribus, quam conte77ipsit in rebtis (^).

SECOND POINT

Mais, ma sœur, il faut prendre garde qu'en méprisant la gloire des hommes, vous ne retombiez sur vous-même, et que vous ne receviez plus agréablement de vos propres mains cet encens que vous refusez de la main des autres. C'est un défaut ordinaire de l'esprit humain, après qu'il s'est élevé au-dessus des vices, au-dessus des désirs vulgaires, au-dessus des jugements et de l'estime des autres, de se plaire uniquement en soi-même. Et il faut ici vous expliquer tout le progrès de l'orgueil, par une excellente doctrine de saint Augustin ('^).

Il n'y a rien au-dessous de Dieu de plus noble (^) que la créature raisonnable : d'où il s'ensuit qu'une âme vertueuse, qui se cultive elle-même, ne découvre (*) rien sur la terre qui soit capable de la délecter plus qu'elle-même; et

a. Joan., xvii, 5. — b. Ibt'd., v, 41. — r. Epist. ad Demetriad., in Append. Oper. S. Aug.,t. II,cap. xvn, cap. \. — d. Co7it. Julian., lib. IV, cap. m, n. 28.

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