Var. aigri
prêt pour le sacrifice, et je vois entrer dans l'église ceux qui doivent donner le coup ('). Le saint homme va au-devant d'eux à l'imitation de Jésus-Christ ; et pour imiter en tout ce divin modèle, il défend à son clergé toute résistance, et se contente de demander sûreté pour les siens. « Si c'est moi que vous cherchez, laissez, dit Jésus, retirer ceux-ci ("). » Ces choses étant accomplies, et l'heure du sacrifice étant arrivée, voyez comme saint Thomas en commence la cérémonie. Victime et pontife tout ensemble, il présente sa tête, et fait sa prière. Voici les vœux solennels et les paroles mystiques de ce sacrifice : Et ego pro Deo mori paimtus sum, et pro assertione justiticEy et p7^o Ecclesiœ libertate : du^miiodo effusione sangiiinis 7nei pacern et libertatem consequatur : « Je suis prêt à mourir, dit-il, pour la cause de Dieu et de son Eglise, et toute la grâce que je demande, c'est que mon sang lui rende la paix et la liberté qu'on lui veut ravir, » Il se prosterne devant Dieu ; et comme dans le sacrifice solennel nous appelons les saints pour être nos intercesseurs, il n'omet pas une partie si considérable de cette cérémonie sacrée : il appelle les saints martyrs et la sainte Vierge au secours de TEglise opprimée : il ne parle que de l'Église ; il n'a que l'Eglise dans le cœur et dans la bouche ; et abattu par le coup, sa langue froide et inanimée semble encore nommer l'Eglise.
Mais voici un nouveau spectacle. Après qu'on a dépouillé le saint martyr, on découvre un autre martyre non moins admirable, qui est le martyre de sa pénitence, un cilice affreux tout plein de vermine ('). Ah ! ne méprisons point cette peinture, et ne craignons point de remuer ces ordures si précieuses. Ce cilice lui perce la peau, et il est si attaché à sa peau, qu'il semble qu'il soit une autre peau autour de son corps (3). On voit que ce saint a été martyr durant tout le cours de sa vie; et on ne s'étonne plus de ce qu'il est mort
a.Joan.^ xviii, 8.