‹ Œuvres oratoires de Bossuet (volume 5)Chapitre 39 sur 573 · Mss., 12822, f. i53-i7o.'I)i-4°, marge d'un quart · texte numérisé non relu

Mss., 12822, f. i53-i7o.'I)i-4°, marge d'un quart

2. Rendu circonspect par les obstacles rencontrés la semaine précédente, Bossuet s'est borné ici à inscrire sur l'enveloppe : 2<^ semaine de Carême^ sans marquer le jour. L'évangile d'où le texte est tiré étant celui du mardi, il est vraisemblable que ce sermon fut celui du lendemain. Il est mentionné, ainâi que celui du dimanche, dans la Gazette. — Sur cette même enveloppe : K Celui qui se glorifie en ses bonnes œuvres ravage sa propre moisson. »

avec certains passages du présent discours. Bossuet, prenant ici, pour une circonstance difficile à préciser, peut-être pour l'Avent de 1669, quelques développements, qu'il complète par des indications nouvelles, ne se préoccupe nullement des pages qui les précèdent ni de celles qui les suivent. Dans ces endroits, nous aurons soin de rectifier les erreurs de lecture et de corriger les corrections des premiers éditeurs, soit dans la première rédaction, soit dans les remaniements; cela, M. Lâchât a négligé de le faire.

Ofnnia iiero ('■) of>era sua/aciuni id videaiitur ab homiytibtts.

Ils font toutes leurs oeuvres dans le dessein d'être vus des hommes.

{Matlh., XXIII, 5.)

JE me suis souvent étonné comment les hommes qui présument tant de la bonté de leurs jucrements, se rendent (^) si fort dépendants de l'opinion des autres, qu'ils s'y laissent souvent emporter contre leurs propres pensées. Nous sommes tellement jaloux de l'avantage de bien juo;-er, que nous ne le voulons céder à personne ; et cependant, chrétiens, nous donnons tant à l'opinion, et nous avons tant d'égards à ce que pensent les autres, qu'il semble quelquefois que nous ayons honte de suivre notre justement, auquel nous avons néanmoins (5) tant de confiance. C'est la tyrannie de l'honneur qui nous cause cette servitude. L'honneur nous fait les captifs de ceux dont nous voulons être honorés. C'est pourquoi nous sommes contraints de céder beaucoup de choses à leurs opinions ; et souvent des politiques et des capitaines (^), touchés de ce faux honneur, et du désir d'éviter un blâme qu'ils n'avaient point mérité, ont ruiné (^) malheureusement, par les sentiments d'autrui, des affaires qu'ils

1. En tête du second exorde, l'auteur avait écrit : Omnia aiitem opéra... Il corrige, en rédigeant l'avant-propos. — Édit. Omnia opéra... ('sans conjonction).

2. Bossuet supprime ici néanmoins., qui entrera plus loin dans une autre correction.

3. Quatre mots substitués à ceux-ci : « encore que nous y ayons... »

4. Edit. de jor<2;/^j politiques et des capitaines ex-périinentés. — En rétablissant ainsi des épithètes effacées par Bossuet, on ne prend pas garde qu'il se refuse à donner le titre à.^ gratids politiques à des hommes capables de ruiner les affaires par un faux point d'honneur.

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