Seekers^ secte de puritains, fondée par Henri Vane
3. Bossuet reviendra sur cette question dans V Histoire des Variations {V\\, XLil-XLix), et c'est un des points sur lesquels sera particulièrement flétrie la' conduite de l'apostat Cranmer.
4. Ce singulier est un latinisme, dont nous avons rencontré des exemples fréquents.
Opiniâtres. On énerve la religion quand on la change, et on lui ôte un certain poids, qui seul est capable de tenir les peuples. Ils ont dans le fond du cœur je ne sais quoi d'inquiet qui s'échappe, si on leur ôte ce frein nécessaire ; et on ne leur laisse plus rien à ménager, quand on leur permet de se rendre maîtres de leur religion. C'est de là que nous est né ce prétendu règne de Christ inconnu jusques alors au christianisme, qui devait anéantir toute la royauté ('), et égaler tous les hommes ; songe séditieux des indépendants, et leur chimère impie et sacrilège : tant il est vrai que tout se tourne en révoltes et en pensées séditieuses, quand l'autorité de la religion est anéantie ! Mais pourquoi chercher des preuves d'une vérité que le Saint-Esprit a prononcée par une sentence manifeste ? Dieu même menace les peuples qui altèrent la religion qu'il a établie, de se retirer du milieu d'eux, et par là de les livrer aux guerres civiles. Ecoutez comme il parle par la bouche du prophète Zacharie (^) : « Leur âme, dit le Seigneur, a varié envers moi, » quand ils ont si souvent changé la religion, « et je leur ai dit : Je ne serai plus votre pasteur ; » c'est-à-dire, je vous abandonnerai à vous-mêmes, et à votre cruelle destinée : et voyez la suite : « Que ce qui doit mourir aille à la mort ; que ce qui doit être retranché soit retranché ; » entendez-vous ces paroles ? « et que ceux qui demeureront, se dévorent les uns les autres. » O prophétie trop réelle, et trop véritablement accomplie ! La reine avait bien raison de juger qu'il n'y avait point de moyen d'ôter les causes des guerres civiles, qu'en retournant à l'unité catholique, qui a fait fleurir durant tant de siècles l'église et la monarchie d'Angleterre, autant que les plus saintes églises et les plus illustres monarchies du monde. Ainsi, quand cette pieuse princesse servait l'Eglise, elle croyait servir l'Etat, elle croyait assurer au roi des serviteurs, en conservant à Dieu des fidèles. L'expérience a justifié ses sentiments ; et il est vrai que le roi son fils n'a