‹ Œuvres oratoires de Bossuet (volume 5)Chapitre 506 sur 573 · Va7-. s'ils croient ou non · texte numérisé non relu

Va7-. s'ils croient ou non

SECOND POINT (')

Grâces à la miséricorde divine, ceux qui disputent tous les jours témérairement de la vérité de la foi ne contestent |Das au christianisme la règle des mœurs, et ils demeurent d'accord de la pureté et de la perfection de notre morale. Mais certes ces deux grâces sont inséparables (^). Il ne faut point deux soleils non plus dans la religion que dans la nature; et quiconque nous est envoyé {^) pour nous éclairer dans les mœurs, le même nous donnera la connaissance certaine des choses divines qui sont le fondement nécessaire de la bonne vie (^). Disons donc que le Fils de Dieu nous montre beaucoup mieux sa divinité en dirigeant sans erreur la vie humaine, qu'il n'a fait (^) en redressant les boiteux et faisant marcher les estropiés. Celui-là doit être plus qu'homme, qui, à travers (^) de tant de coutumes et de tant d'erreurs, de tant de passions compliquées et de tant de fantaisies bizarres, a su démêler au juste et fixer précisément la règle des mœurs. Réformer ainsi le genre humain, c'est donner à l'homme la vie raisonnable; c'est une seconde création, plus noble en quelque façon que la première. Quiconque sera le chef de cette réformation salutaire (^), doit avoir à son secours la même sagesse qui a formé l'homme (^) la première fois. Enfin c'est un ouvrage si grand, que si Dieu ne l'avait pas fait, lui-même l'envierait (^) à son auteur.

Aussi la philosophie l'a-t-elle tenté vainement. Je sais

1. Le texte de Salvien: Mavult qîiilibet ùnprobiis...^ qu'on lira plus loin, est noté ici à l'avance.

2. Une variante effacée montre que Bossuet n'avait aucun goût pour la morale dite indépendanfe : « Mais pour moi, j'ai toujours pensé que c'était très mal raisonner que de séparer ces deux grâces. »

3. Var. nous sera envoyé de Dieu. — Les deux derniers mots sont effacés.

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