Var. à un Dieu qui le demande — à Dieu
7. La fin de cette phrase, et la fin de la précédente sont des additions de 1668.
8. Var. assez corrompu [pour] qu'il n'y ait quelque péché qui lui déplaise. — Peut-être pourrait-on laisser ici : « assez.... que... : » locution fautive, qui semble calquée sur <i si... que, > latinisme. La correction est aussi toute latine.
est naturellement libéral : tonnez, fulminez tant qu'il vous plaira contre les rapines, il applaudira à votre doctrine. Mais il est fier et ambitieux ; il lui faut laisser venger cette injure, et envelopper ses ennemis ou ses concurrents dans cette intrigue dangereuse. Ainsi toute la loi sera mutilée, et nous verrons ('), comme disait le grand saint Hilaire dans un autre sujet (^), « une aussi grande variété dans la doctrine que nous en voyons dans les mœurs, et autant de sortes de foi qu'il y a d'inclinations différentes :» Tôt nunc fides existei'e, qiiot vohintates ; et tôt nobis doctrinas esse, quot mores (").
Laissez-vous donc conduire à ces lois si saintes, et faitesen votre règle (^). Et ne me dites pas qu'elle est trop parfaite et qu'on ne peut y atteindre. C'est ce que disent les lâches et les paresseux. Ils trouvent obstacle à tout ; tout leur paraît impossible ; et lorsqu'il n'y a rien à craindre, ils se donnent à eux-mêmes de vaines frayeurs et des terreurs imaginaires: Dicit piger : Léo est 171 via et leœna in itineribus {^). Dicit pioer : Léo est foris, in inedio platearum occidendus sum (^) : « Le paresseux dit : Je ne puis partir, il y a un lion sur ma route ; la lionne me dévorera sur les grands chemins... » Il trouve toujours des difficultés, et il ne s'efforce jamais d'en vaincre aucune. En effet, vous qui nous objectez que la loi de l'Évangile est trop parfaite et surpasse les forces humaines, avez-vous jamais essayé de la pratiquer ? Contez-nous donc vos efforts ; montrez-nous les démarches que vous avez faites. Avant que de vous plaindre de votre impuissance, que ne commencez-vous quelque chose ? Le second pas, direz-vous, vous est impossible : oui, si vous ne faites jamais le premier. Commencez donc à marcher, et avancez par degrés : vous verrez les choses se faciliter, et le chemin s'aplanir manifestement devant vous. Mais qu'avant que d'avoir tenté, vous nous disiez tout impossible ; que vous soyez fatigué et ha-
a. S. Hilar., lib. Il ad Constant.^ n. 4. — b. Prov.^ xxvi, 13. — ^. Ibid.^ xxii, 13.