Var. donne
3. Première rédaction (1665) : n'est pas médiocre. — Voy. t. IV, p. 583, une première rédaction effacée dès 1665.
4. Var, car qu'y a-t-il de plus facile? — M. Gazier conserve ces mots dans le texte, à la suite, de la surcharge : « quelle éloquence .''... »
5. Anciennes édit. pas. (Préféré souvent à ^<9/;// par les éditeurs du xvni^ siècle.) M. Gazier a rétabli la leçon véritable, qui est une correction.
6. Addition (1668), qui s'achève par « etc. ». D'où les éditeurs se sont crus autorisés à compléter la citation, soit en français, soit en latin. Mais etc. signifie simplement quil faut chercher la suite dans la première rédaction :« Mais c'est.. .>
Mais c'est lâcher la bride à la licence que de mettre devant les yeux des pécheurs superbes cette bonté qui n'a point de bornes ; et c'est multiplier les crimes, que de prêcher « ces miséricordes qui sont innombrables : » Misericordiœ ejus non est ntunerus (^).
Et toutefois, chrétiens, il n'est pas juste que la dureté et l'ingratitude des hommes ravissent à la bonté du Sauveur les louanges qui lui sont dues. Élevons donc notre voix, et prononçons hautement que sa miséricorde est immense. L'homme devait mourir dans son crime ; Jésus-Christ est mort en sa place. Il est écrit du pécheur, que son sang doit être sur lui (^) ; mais le sang de Jésus-Christ et le couvre et le protège. O hommes, ne cherchez plus l'expiation de vos crimes dans le sang des animaux égorgés. Dussiez-vous dépeupler tous vos troupeaux par vos hécatombes, la vie des bêtes ne peut point payer pour la vie des hommes. Voici Jésus-Christ qui s'offre, homme pour les hommes, homme innocent pour les coupables, Homme-Dieu pour des hommes purs (') et pour de simples mortels (^). Jésus- Christ est mort une fois ; mais le fruit de sa mort est éternel: Jésus-Christ est mort une fois ; mais « il est toujours vivant, afin d'intercéder pour nous, » comme dit le divin Apôtre ("). Il y a donc pour nous dans le ciel une miséricorde infinie; mais, pour nous être appliquée en terre, elle est toute communiquée à la sainte Eglise dans le sacrement de pénitence. Car écoutez les paroles de l'institution : « Tout ce que vous remettrez sera remis; tout ce que vous délierez sera délié('^).» Vous y voyez une bonté qui n'a point de bornes. C'est en quoi elle diffère d'avec le baptême. « Il n'y a qu'un baptême, » dit le saint Apôtre, et il ne se répète plus : Unus Dominus,
a. Orat. Missœ pro gratiar. act. (Deiis cnjus misericordiœ...) — b. Ps.^ vu, II. — c. Hebr.^ vn, 25. — d. Mafth.^ xvi, 19.
1. Les anciens éditeurs corrigeaient : « pour de purs hommes. » Mais le contexte ne laisse pas place à l'amphibologie.
2. La plupart des éditeurs maintiennent ici trois phrases, que Bossuet retranche, sans les condamner en elles-mêmes : « \^ous voyez donc, chrétiens, non seulement l'égaUté dans le prix, mais encore la surabondance. Ce qui est offert est infini ; et afin que celui qui offre fôt de même dignité lui-même qui est la victime, il a voulu aussi être le pontife. Pécheurs, ne perdez jamais l'espérance. »
DIVINITÉ DE JÉSUS-CHRIST. 6o I
unafides, uiiiu7i baptisma (^\ Les portes de la pénitence sont toujours ouvertes. Venez dix fois, venez cent fois, venez mille fois, cette (') parole sera toujours véritable : Tout ce que vous pardonnerez sera pardonné (^). Je ne vois ici ni terme prescrit, ni nombre arrêté, ni mesure déterminée. Il y faut donc reconnaître une bonté infinie (').
Que dirai-je ici, chrétiens, et avec quels termes assez puissants déplorerai-je tant de sacrilèges qui infectent les eaux de la pénitence ? « Eau du baptême, que tu es heureuse, disait autrefois Tertullien; que tu es heureuse, eau mystique, qui ne laves qu'une fois, qui ne sers point de jouet aux pécheurs ! » Félix aqua qiiœ semel abluit, quœ hidibrio peccatoribîis non est (^) ! C'est ce bain de la pénitence toujours ouvert aux pécheurs, toujours prêt à recevoir ceux qui retournent; c'est ce bain de miséricorde qui est exposé au mépris par sa facilité bienfaisante, dont les eaux servent contre leur nature à souiller les hommes, parce que la facilité de se laver fait qu'ils ne craignent point de salir leur conscience (f). Oui ne se plaindrait, chrétiens, de voir cette eau salutaire
a. Ephes., IV, 5. — b. Joa?i., XX, 23. — c. De Bapt.^ n. 15. — Ms. qtiœ seviel abluî's,... non es.
1. Anciennes édit. la puissance de l'Église n'est point épuisée. — Effacé.
2. Var. et c'est pourquoi nous y comprenons une bonté infinie. — Uauteur retranche ici un long passage, que la plupart des éditions conservent dans le texte : « La fontaine du saint baptême est appelée dans les Ecritures, selon rinterprétation, « une fontaine scellée, ^fons signatits (Cant.,iv, 12). Vous vous y lavez une fois ; on la referme, on la scelle ; il n'y a plus de retour pour vous. Mais nous avons dans l'Église une autre fontaine, de laquelle il est écrit dans le prophète Zacharie : « En ce jour, au jour du Sauveur, en ce jour où la bonté paraîtra au monde, il y aura une fontaine ouverte à la maison de David et aux habitants de Jérusalem, pour la purification du pécheur : > In die illa eritfons patcns domui David et habita7itibus Jérusalem^ in abltiiionem peccatoris {Z3.ch., XlH, i). Ce n'est point une fontaine scellée, qui ne s'ouvre qu'avec réserve, qui n'est point permise à tous, parce qu'elle exclut à jamais ceux qu'elle a une fois reçus ./ofis si^natus. Celle-ci est une fontaine non seulement publique, mais toujours o\\\txXç. : Erit fons paieyis : et ouverte indifféremment à tous les habitants de Jérusalem, à tous les enfants de l'Église. Elle reçoit toujours les pécheurs : à toute heure et à tous moments les lépreux peuvent venir se laver dans cette fontaine du Sauveur, toujours bienfaisante et toujours ouverte.
Mais c'est ici, chrétiens, notre grande infidélité ; c'est ici que l'indulgence multiplie les crimes, et que la source des miséricordes devient une source infinie de profanations sacrilèges. »