I. Var. Que dirai -je... ? (1665 et
2 Var. (1663) : Les pécheurs nous savent bien dire qu'il ne faut que le repentir (tv///. Gazier : que se repentir^ pour être capable d'approcher de cette fontaine de grâces. — Voy. t. IV, p. 586, 587, la suite de la rédaction de 166$. C'est ici qu'ont eu lieu les principaux remaniements de ce manuscrit, en 1668 d'abord, puis en 1669.
3. La rédaction de 1668 différait principalement par l'ordre des phrases : < Considérez, mes frères, quel est votre aveuglement. Vous rendez la bonté de Dieu complice de votre endurcissement : c'est ce péché contre le Saint-Esprit, contre la grâce de la rémission des péchés. Dieu n'a plus rien à faire pour vous retirer du crime. Vous poussez à bout sa miséricorde. Que peut-il faire que de vous appeler, que de vous attendre, que de vous tendre les bras, que de vous offrir le pardon ? C'est ce qui vous rend hardis dans vos entreprises criminelles. (2ue faut-il donc qu'il fasse ? Et sa bonté étant épuisée et comme surmontée par votre malice, lui reste-t-il autre chose que de vous abandonner à sa vengeance ? Et puis dites-moi, mon frère, vous qui vous confiez si aveuglément à ce repentir futur, voulez-vous pas considérer que Dieu a bien promis le pardon au repentir, mais qu'il n'a pas promis de donner du temps pour ce sentiment nécessaire? Eh bien ! poussez à bout la bonté divine... »
4. Première rédaction ( à la sanguine), tracée sur l'ancien manuscrit avant que l'auteur se décidât à y introduire un feuillet nouveau f. 181, avec moitié de marge) : f Pécher contre le Saint-Esprit, contre la grâce de la rémission des péchés. Pénitence conduit à l'impérritence finale. > — Quelques autres idées étaient aussi indiquées à la suite de la péroraison. Nous les donnerons aux endroits auxquels elles se rapportaient par destination.
étant épuisée et comme surmontée par votre malice, lui restet-il autre chose que de vous abandonner à sa vengeance ? Eh bien (') ! poussez à bout la bonté divine : montrez-vous fermes et intrépides à perdre votre âme : ou plutôt insensés et insensibles, hasardez tout (^), risquez tout ; faites d'un repentir douteux le motif d'un crime certain ! Mais ne voulezvous pas entendre combien est étrange, combien insensée, combien monstrueuse cette pensée de pécher pour se repentir ? Obshipescite, cœli, super hoc (") : « O ciel, ô terre, étonnez-vous d'un si prodigieux égarement ! » Les aveugles enfants (^) d'Adam ne craignent pas de pécher, parce qu'ils espèrent un jour en être fâchés ! J'ai lu souvent dans les Ecritures que Dieu envoie aux pécheurs l'esprit de vertige et d'étourdissement ; mais je le vois clairement dans vos excès. Voulez-vous vous convertir quelque jour, ou périr misérablement dans l'impénitence ? Choisissez, prenez parti.. Le dernier est le parti des démons. S'il vous reste donc quelque sentiment du christianisme, mais (^) quelque soin de votre salut, quelque pitié de vous-même, vous espérez vous convertir ; et si vous croyiez que cette porte vous fût fermée, vous n'iriez pas au crime avec l'abandon où je vous vois. Se convertir, c'est se repentir : vous voulez donc contenter cette passion, parce que vous espérez vous en repentir. Qui a jamais ouï parler d'un tel prodige ? Est-ce moi qui ne m'entends pas, ou bien est-ce votre passion qui vous enchante ? Me trompé-je dans ma pensée ou bien êtes-vous aveugle et troublé de sens dans la vôtre ^ Quand est-ce (5) qu'on s'est avisé de faire une chose, parce qu'on croit s'en repentir quelque jour ? C'est la raison de s'en abstenir sans doute. J'ai bien ouï dire souvent: Ne faites pas cette chose, car vous
a, Jerem., Il, 12.