‹ Œuvres oratoires de Bossuet (volume 5)Chapitre 552 sur 573 · Cf. p · texte numérisé non relu

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fortune, c'est pour les surmonter et triompher glorieusement de tous les attraits et de toutes les illusions, et de toutes les terreurs du monde. »

Le mal dont il nous sauve était expliqué principalement, d'après le premier point du sermon de 1669 pour la fête de la Circoncision (').

Le saint qit' il 710 us apporte était le sujet de la dernière partie. C'est manifestement la délivrance entière de la tyrannie du péché. Cependant cette partie ne devait pas se confondre avec la précédente : là, la grandeur du mal ; ici, l'excellence du remède. Cette dernière démonstration pouvait être cueillie çà et là dans tout le sermon de la Circoncision, 1668. L'attention de l'auteur se porta surtout, à ce qu'il semble, sur le troisième point. Les notes y sont très abondantes (^).

Elles le furent plus encore sur la péroraison, non sur celle de Dijon (1668), qui contenait une allocution à Condé, mais sur celle du i^'" janvier suivant, à Saint-Thomas du Louvre (3). Nous la donnons ici sous sa forme définitive.

Péroraison.

Pour nous préparer à entrer dans cette joie abondante, corrigeons les joies de la terre (^). Je veux bien ne parler pas, si vous voulez, de tous ces vains divertissements considérés en eux-mêmes : parlons des circonstances qui les accompagnent. Oserions-nous y penser dans cette chaire ? Pendant que Jésus commencé le cours d'une vie pénible, nous allons non pas commencer, mais continuer, avec un renouvellement d'ardeur, une vie toute dissolue (f). Le carnaval, mieux observé que le carême, va devenir la grande affaire du monde. Masquer, déguiser, danser, courir, aller deçà et delà; dégoût, renouvellement d'ardeur, encore dégoût, mouvement alternatif : voilà la grande occupation de ceux

1. Ci-dessus, p 452. Voy. la note : « Il naît comme un banni... >

ùf. Première rédaction : (i" janvier):... abondante, accoutumons-nous à la recevoir quand elle descendra du ciel dans nos cœurs. Mais, ô Dieu ! à quelle joie abandonnons-nous notre cœur ?

$. Pre?nière rédaction : {\" janvier) : Jésus-Christ est né, et pendant qu'il commence le cours d'une vie pénible :— et avec lui, ô douleur ! — les profanes divertissements vont prendre naissance.

qui se disent chrétiens ('). Les forces épuisées, on n'en trouvera plus pour le saint Carême. Infatigables pour les plaisirs, on commence à devenir infirmes pour la pénitence. Les médecins ne suffiront pas à écrire (^) les attestations des infirmités, ni les prélats à en donner les dispenses. Eh bien ! consultez-les donc (3)!Ne les croyez pas seulement quand il s'agit de transgresser les lois de l'Église : demandez-leur si vos courses, vos veilles, vos inquiétudes, vos chagrins dans le jeu, et cette ardeur qui vous transporte hors de vousmêmes {'^)y n'altèrent pas beaucoup plus {^) un tempérament que le jeûne et l'abstinence. Mais je laisse ces pensées, quoiqu'elles soient assez importantes.

O Dieu ! pouvons-nous penser que, parmi tous ces changements et toutes'les joies sensuelles, nous puissions jamais conserver en nous une seule goutte de la joie du ciel ? Les autres joies se peuvent mêler ; la variété et le mélange en font même le plus doux assaisonnement (^) : mais cette joie dont je parle est sévère, chaste, sérieuse, solitaire et incompatible ; le moindre mélange la corrompt, et elle perd tout son goût, si elle n'est goûtée toute seule. Ainsi, quand vous ne feriez (^) rien d'illicite, et plût à Dieu que nous n'eussions pas à nous en plaindre ! vous perdez tout dès là seulement que vous vous abandonnez à la joie mondaine. Est-ce en vain que Jésus a dit : « Malheur à vous qui riez (^) ! » et encore : « Malheur à vous, riches, car vous avez votre consolation {^) ! » Les richesses ne sont pas mauvaises ; mais n'employer (^) lès richesses que pour vivre dans les plaisirs

a. Lî/c.y VI, 25. — â. Ibid.^ 24.

1. Ces dix mots, écrits à Noël, attestent la reprise de cette phrase, en dépit de la redite qu'elle contient.

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