‹ Œuvres oratoires de Bossuet (volume 5)Chapitre 566 sur 573 · En note : Notas mihi fecisti vias vitœ. (Ps., XV · texte numérisé non relu

En note : Notas mihi fecisti vias vitœ. (Ps., XV

2. En note : Rcvertatiir pulvis ad terra/n sua?n, unde erat. (Eccl., XI l, 7.) — Spiriiiis redeat ad Deum^ qui dédit illutn. (Ibid.)

je VOUS ai dit que la grandeur et la gloire n'étaient parmi nous que des noms pompeux, vides de sens et de choses, je regardais le mauvais usage que nous faisons de ces termes. Mais, pour dire la vérité dans toute son étendue, ce n'est ni l'erreur ni la vanité qui ont inventé ces noms magnifiques ; au contraire, nous ne les aurions jamais trouvés, si nous n'en avions porté le fonds en nous-mêmes : car oii prendre ces nobles idées dans le néant ? La faute que nous faisons n'est donc pas de nous être servis de ces noms ; c'est de les avoir appliqués à des objets trop indignes. Saint Chrysostome a bien compris cette vérité, quand il a dit : « Gloire, richesses, noblesse, puissance, pour les hommes du monde ne sont que des noms; pour nous, si nous servons Dieu, ce sont (') des choses. Au contraire, la pauvreté, la honte, la mort, sont des choses trop effectives et trop réelles pour eux; pour nous, ce sont seulement des noms ('') ; » parce que celui qui s'attache à Dieu ne perd ni ses biens, ni son honneur, ni sa vie. Ne vous étonnez donc pas si l'Ecclésiaste dit si souvent : « Tout est vanité. » Il s'explique, € tout est vanité sous le soleil (^), » c'est-à-dire, tout ce qui est mesuré par les années, tout ce qui est emporté par la rapidité du temps. Sortez du temps et du changement, aspirez à l'éternité ; la vanité ne vous tiendra plus asservis. Ne vous étonnez pas si le même Ecclésiaste {') méprise tout en nous, jusqu'à la sagesse, et ne trouve rien de meilleur que de goûter en repos le fruit de son travail. La sagesse dont il parle en ce lieu est cette sagesse insensée, ingénieuse à se tourmenter, habile à se tromper elle-même, qui se corrompt dans le présent, qui s'égare dans l'avenir ; qui, par beaucoup de raisonnements et de grands efforts, ne fait que se consumer inutilement en amassant des choses que le vent emporte. € Hé! s'écrie ce sage roi, y a-t-il rien de si vain (') ? » Et n'a-t-il pas raison de préférer la simplicité d'une vie particulière, qui goûte doucement et innocemment ce peu de biens que la nature nous

a. Homil. LViil (al. Lix) in Matth., n. 5. — b. EccL, i, 2, 14 ; m, 1 1. {Premières édit. I, 2, 14; II, 2, 17.) — c. EccL^ I, 17 ; u, 14, 24.

Page 1