‹ Œuvres oratoires de BossuetChapitre 164 sur 441 · Matth., xxv, ?>6. de Deforis : à cette date. Bossuet · texte numérisé non relu

Matth., xxv, ?>6. de Deforis : à cette date. Bossuet

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aux orateurs du monde la pompe et la majesté du style panégyrique ; ils ne se mettent point en peine que l'on les entende, pourvu qu'ils reconnaissent que l'on les admire. Pour nous, qui sommes ici dans la chaire du Sauveur Jésus, ornons notre discours de la simplicité de son Évangile, et repaissons nos âmes de vérités solides et intelligibles.

Je dis donc, ô riches du siècle, que vous avez tort de traiter les pauvres avec un mépris si injurieux. Afin que vous le sachiez, si nous voulions monter à l'origine des choses, nous trouverions peut-être qu'ils n'auraient pas moins de droit que vous aux biens que vous possédez. La nature ou plutôt, pour parler plus chrétiennement, Dieu, le père commun des hommes, a donné dès le commencement un droit égal à tous ses enfants sur toutes les choses dont ils ont besoin pour la conservation de leur vie. Aucun de nous ne se peut vanter d'être plus avantagé que les autres par la nature. Mais l'insatiable désir d'amasser n'a pas permis que cette belle fraternité pût durer longtemps dans le monde. Il a fallu venir au partage et à la propriété, qui a produit toutes les querelles et tous les procès : de là est né ce mot de mien et de tien, cette parole si froide, dit l'aimable saint Jean Chrysostome ' ; de là, cette grande diversité de conditions, les uns vivant dans l'affluence de toutes choses, les autres languissant dans une extrême indigence. C'est pourquoi plusieurs des saints Pères, ayant eu égard et à l'origine des choses, et à cette libéralité générale de la nature envers tous les hommes, n'ont pas fait de difficulté d'assurer que c'était en quelque sorte frustrer les pauvres de leur propre bien, que de leur dénier celui qui nous est superflu.

Je ne veux pas dire par là, mes Frères, que vous ne soyez que les dispensateurs des richesses que vous avez ; ce n'est pas ce que je prétends. Car ce partage de biens s'étant fait d'un commun consentement de toutes les nations, et ayant été autorisé par la loi divine, vous êtes les maîtres et les propriétaires de la portion qui vous est échue. Mais sachez que, si vous en êtes les véritables

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