Yar. : quantité de personnes. 4. Joan., xtiit
jamais avoué parmi les applaudissements des peuples qui étaient étonnés et du grand nombre de ses miracles, et de la sainteté de sa vie, et de sa doctrine céleste, il x le publie hautement, lorsque le peuple demande sa mort par des acclamations furieuses. Il ne s'en est jamais découvert que par figures et paraboles aux apôtres, qui recevaient ses discours comme paroles de vie éternelle : il le prêche2 nûment au juge corrompu qui, par une injuste sentence, le va attacher à la croix. Il n'a jamais dit qu'il fût roi, quand il faisait des actions d'une puissance divine ; et il commence à le déclarer, quand il est prêt de succomber volontairement à la dernière des infirmités humaines. C'est, ce semble, faire les choses fort à contre-temps, et néanmoins c'est la Sagesse éternelle qui a disposé tous les temps. Mais, ô contre-temps admirable ! ô secret de la Providence !
Je vous entends, ô mon roi Sauveur ! C'est que vous mettez votre gloire à souffrir pour l'amour de vos peuples ; et vous ne voulez pas que l'on vous parle de royauté que dans le même moment auquel, par une mort glorieuse, vous allez délivrer vos misérables sujets d'une servitude éternelle. Bonté incroyable de notre roi ! que le ciel et la terre chantent à jamais ses miséricordes ! Et vous, ô fidèles de Jésus-Christ, bienheureux sujets de mon roi Sauveur, ô peuple de conquête que mon prince victorieux a acquis au prix de son sang, par quel amour et par quels respects pourrez-vous dignement reconnaître les libéralités infinies d'un roi si clément et si généreux ?
Certes, je ne craindrai pas de le dire, ce ne sont ni les trônes, ni les palais, ni la pourpre, ni les richesses, ni les gardes qui environnent le prince, ni cette longue suite de grands seigneurs, ni la foule des courtisans qui s'empressent autour de sa personne ; non, non, ce ne sont pas ces choses que j'admire le plus dans les rois. Mais quand je considère cette infinie multitude de peuples qui attend de leur protection son salut et sa liberté ;
1. Édit. : (( il commence à le pu- même de quelques autres phrases,
blier hautement, etc. n — Emprunts que nous corrigerons, sans les si-
à un autre sermon (Dens autem rex gnaler toutes en note.
noster ante secula. 1656), où ce pas- "2. Var. : confesse, sage était repris. — Il en est de
quand je vois que dans un État, si la terre est bien cultivée, si les mers sont libres, si le commerce est riche et fidèle, si chacun vit dans sa maison doucement et en assurance, c'est un effet des conseils et de la vigilance du prince ; quand je vois que, comme un soleil, sa munificence porte sa vertu jusques dans les provinces les plus [p. 9] reculées, que ses sujets lui doivent, les uns leurs honneurs et leurs charges, les autres leur fortune ou leur vie, tous la sûreté publique et la paix, de sorte qu'il n'y en a pas un seul qui ne doive le chérir comme son père : c'est ce qui me ravit, Chrétiens, c'est en quoi la majesté des rois me semble du tout 1 admirable, c'est en cela que je les reconnais pour les vivantes images de Dieu, qui se plaît de remplir le ciel et la terre des marques de sa bonté, ne laissant aucun endroit de ce monde vide de ses bienfaits et de ses largesses.
Hé ! dites-moi, je vous prie, dans quel siècle, dans quelles histoires, dans quelle bienheureuse contrée a-t-on jamais vu un monarque, je ne dis pas si puissant et si redoutable, mais si bon et si bienfaisant que le nôtre? Le règne de notre prince, c'est notre bonheur et notre salut. « Ce qu'il2 daigne régner sur nous, c'est clémence, c'est miséricorde ; ce ne lui est pas un accroissement de puissance, mais c'est un témoignage de sa bonté : Dignatio est, non promotio ; miscrationis indicium, non potestatis augmentum», dit l'admirable saint Augustin3. Regardez cette vaste étendue de l'univers; tout ce qu'il y a de lumières célestes, toutes les saintes inspirations, toutes les vertus et les grâces, c'est le sang du prince Sauveur qui les a attirées sur la terre. Autant que nous sommes de chrétiens, ne publions-nous pas tous les jours que nous n'avons rien que par lui?
Ce peuple merveilleux, que Dieu, en sa bonté, a répandu parmi tous les autres, peuple qui habite en ce monde et qui est étranger en ce monde, qui trafique en la terre afin d'amasser dans le ciel ; Fidèles, vous m'entendez, c'est du peuple des élus que je parle, de la nation des justes et des gens de bien : que ne doivent-ils pas au Sauveur? Tous les particuliers de ce peuple, de-