‹ Œuvres oratoires de BossuetChapitre 229 sur 441 · Ibid., xi, 29. 6. Marc, x · texte numérisé non relu

Ibid., xi, 29. 6. Marc, x

temps que nos cœurs soient échauffés de l'amour de Dieu.

Mes Sœurs, nous ne sommes plus sous la loi de crainte, nous sommes sous la loi d'amour ; parce que nous ne sommes plus dans la servitude, nous sommes dans la liberté des enfants de Dieu : Jésus, qui est la vérité, nous a délivrés. Partant, servons notre Dieu d'un amour libéral et sincère. Aimons la justice, aimons la vérité, aimons la vraie et solide raison, aimons l'unique repos. Tout cela c'est Jésus ; aimons donc Jésus de toute l'affection de nos âmes : qui n'aime pas Jésus, je l'ose dire, il n'est pas chrétien. Un chrétien, c'est un homme renouvelé : nous ne pouvons être renouvelés sans l'esprit de la loi nouvelle; l'esprit de la loi nouvelle, c'est la charité : qui n'a pas la charité n'est pas chrétien. Ha ! que le siècle se réjouisse dans ses débauches et dans ses banquets, dans ses vins friands et délicieux ! Nous avons un vin dont il nous est permis de nous enivrer ; vin qui nous échauffe, mais d'une ardeur toute spirituelle ; qui nous fait chanter, mais des cantiques d'amour divin ; qui nous ôte la mémoire, mais du monde et de ses vanités ; qui nous excite une grande joie, mais une joie que le monde ne comprend pas. Buvons de ce vin, mes très chères Sœurs. Jour et nuit ne respirons que Jésus : vous particulièrement qu'il a retirées du siècle, goûtez Jésus dans la solitude ; c'est là qu'il se communique aux âmes fidèles.

Et vous, chères Sœurs, que, par sa miséricorde infinie, il a miraculeusement délivrées des ténèbres de l'hérésie, c'est à vous que je parle. Et quelles paroles pourraient vous exprimer la tendresse que mon cœur a pour vous ! Rendez-lui à jamais vos actions de grâces. Voyez combien l'erreur est répandue par toute la ville. Dieu vous a triées deux ou trois, qu'il a appelées à sa sainte Église : donc ne soyez pas ingrates à cet inestimable bienfait. Persévérez dans cette bienheureuse vocation. Voyez la pureté, voyez l'innocence et la candeur de ces saintes filles, avec lesquelles vous conversez. 0 Dieu, quelle différence de cette véritable dévotion qu'elles vous enseignent en toute humilité et simplicité,

Page 1