‹ Œuvres oratoires de BossuetChapitre 316 sur 441 · Edit. : de. ainsi · texte numérisé non relu

Edit. : de. ainsi

2. Les éditeurs corrigent cette ana- 3. II Cor., XI, 28. coluthe, et disent : « se rendant 4. I Thess., il, 5.

simplicité et [de] la vérité : qu'y a-t-il de plus ferme ni 1 de plus pénétrant que la simplicité de Bernard, qui captive tout entendement au service de la foi de Jésus ? Lorsque les apôtres prêchaient Jésus-Christ, une ardeur céleste les transportait, et paraissait tout visiblement dans la véhémence de leur action ; ce qui fait dire à l'apôtre saint Paul qu'il agissait hardiment en Notre- Seigneur2, et que sa prédication était accompagnée de la démonstration de l'Esprit3. Ainsi paraissait le zélé Bernard, qui, prêchant aux Allemands dans une langue qui leur était inconnue, ne laissait pas de les émouvoir, à cause qu'il leur parlait comme un homme venu du ciel, jaloux de l'honneur de Jésus.

Une des choses qui était autant admirable dans les apôtres, c'était de voir en des personnes si viles en apparence cette autorité magistrale, cette censure généreuse qu'ils exerçaient sur les mœurs, cette puissance dont ils usaient pour édifier, non pour détruire. C'est pourquoi l'Apôtre, formant Timothée au ministère de la parole : Prends garde, lui dit-il, que personne ne te méprise*. Dieu avait imprimé sur le front du vénérable Bernard une majesté 5 si terrible pour les impies, qu'enfin ils étaient contraints de fléchir : témoin cet enragé6 prince d'Aquitaine, et tant d'autres, dont ses seules paroles ont souvent désarmé la fureur.

Mais ce qui était de plus divin dans les saints apôtres, c'était cette charité pour ceux qu'ils prêchaient. Ils étaient pères pour la conduite, et mères pour la tendresse, et nourrices pour la douceur : saint Paul prend toutes ces7 qualités. Ils reprenaient, ils avertissaient opportunément, importunémcnts, tantôt avec une sincère douceur, tantôt avec une sainte colère, avec des larmes, avec des reproches : ils prenaient mille formes différentes, et toujours la même charité dominait ; ils bégayaient avec les enfants, ils parlaient avec les hommes : Juif aux Juifs, gentil aux gentils, tout à tous, disait l'apôtre saint Paul, afin de les gagner tous9,

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