Var. : (Première rédaction): chrétienne t
Et vous, ne reconnaissez-vous pas, Chrétiens, que1, sans l'assistance de cette grâce, vous n'auriez que de la résistance pour votre Sauveur? Ces perfides ont ouï ses paroles, et ils les ont méprisées ; ils ont vu ses miracles, et ils n'ont pas cru ; ils ont vu sa vie, et elle leur a été un scandale. Donc il est vrai, mon Sauveur Jésus, que si vous ne me parlez puissamment au cœur, si vous ne m'entraînez à vous par vos doux attraits, ni votre vie quoique très innocente, ni votre doctrine quoique très sainte, ni vos miracles quoique très grands, ne dompteront pas mon opiniâtre rébellion. Les uns disent que vous êtes un grand prophète, les autres que vous êtes vin séducteur ; les uns s'édifient en vous, les autres se scandalisent de vous. D'où vient cela, ô mon Maître, sinon que les uns sont humbles, et que les autres sont orgueilleux ; que les uns suivent la nature, et les autres suivent la grâce? Ainsi vos vérités aveuglent les uns, pour illuminer d'autant plus les autres. Vous êtes une pierre de scandale aux superbes, afin que les humbles ressentent mieux ce que vous faites miséricordieusement en leurs cœurs, et qu'ils louent vos bontés avec une admiration profonde de vos jugements. C'est ici que les bons chrétiens sont incroyablement consolés. Si les vérités évangéliques entraient en nos âmes avec une apparence plausible, nous attribuerions leur victoire à la force de notre raison ; et devenant [p. 25] plus superbes, nous deviendrions par conséquent plus malades. Mais quand le vrai fidèle comprend la folie et l'extravagance du christianisme, c'est là que la grâce se fait sentir dans la répugnance de la nature ; à cause qu'il reconnaît que ce n'est pas la chair qui le gagne, ni les intérêts mondains qui l'engagent, ni la philosophie humaine qui le persuade, mais la puissance divine qui le captive. C'est pourquoi, dans la doctrine de l'Évangile, il a plu à notre grand Dieu qu'il y eût tant de choses étranges, dures, incroyables, extravagantes selon la sagesse du monde 2 ; afin que, la raison humaine
1. Var. : Certes je reconnais, ô Ceci toutefois est antérieur au* Sauveur, que.... Pensées.