I Tim.. m, 15. son manuscrit, cette remarque sur la
3. Matth.. xxviii. 20. Confession d' Au<jsbourq: « Elle a été
d'une nouvelle catholique. 491
et leurs nouveaux alliés, assurent en l'article vu qu'il y a une Église sainte qui demeurera toujours. Ils parlent de l'Église qui est en ce monde. Et leurs propres Églises, qui sont dans la Suisse et autres pays, disent au chapitre xvn qu'il faut qu'il y ait toujours eu une Église, qu'elle soit encore, et qu'elle dure jusqu'à la fin des siècles; c'est-à-dire une assemblée des fidèles appelés et recueillis de tout le monde. Interrogez nos frères errants, il faudra qu'ils répondent la même chose. Demandez-leur où était cette Église, lorsqu'il n'en paraissait dans le monde aucune qui fît profession de leur foi. Comme c'est une chose évidente, ils vous répondront tous qu'elle était cachée, qu'elle ne paraissait pas, par un terrible jugement de Dieu qui la retirait de la vue des méchants. Ils pensent ainsi réparer l'injure qu'ils feraient à l'Église, s'ils osaient assurer qu'elle fût entièrement abolie. Mais quelle âme vraiment chrétienne ne déplorerait pas leur aveuglement ?
Ha! que vous êtes vraiment redoutable en vos conseils, ô grand Dieu, qui avez permis, par une juste vengeance, que ceux qui ont déchiré votre Église ne sussent pas même ce que c'est que l'Église ! L'Église, à votre avis, nos chers Frères, n'est-ce qu'une multitude sans union? consiste-t-elle en des gens dispersés, qui n'ont rien de commun qu'en esprit ? Est-ce assez qu'ils croient intérieurement ? n'est-il pas nécessaire qu'ils fassent profession de leur foi? Mais l'Apôtre dit expressément que Von croit dans le cœur à justice, et que Von confesse par la bouche à salut1. Et le Sauveur lui- -même: Qui me confessera, dit-il, devant les hommes, je le confesserai devant mon Père céleste2. De plus, est-ce assez que chacun la professe en particulier? Ne faut-il pas que ceux qui invoquent avec sincérité le nom du Seigneur, lient ensemble une sainte société par la confession publique de la même foi? Et cette Église cachée, dont vous nous parlez, comment pouvait-elle avoir une confession publique? Qu'est-ce autre chose qu'un amas de personnes timides qui n'osaient confesser ce qu'ils croyaient, qui démentaient leurs consciences,
imprimée en français, en 1566, sans 1. Rom., x, 10.
nom d'imprimeur. » (BeforU.) 2. Matth.. x. 32.
492 POUR LA VÊTURB
en s'unissant de corps à une Église dont ils se séparaient en esprit? Certes, s'ils se fussent séparés d'avec nos pères, leur séparation les eût rendus remarquables, et leur société se serait produite ; elle n'aurait pas été cachée, comme vous le dites. Et s'ils sont demeurés unis, quoi ! ces justes, ces gens de bien, cette Église prédestinée, allaient adorer Dieu dans nos temples, qui étaient des temples d'idoles, et communiquaient à nos prières, qui renversaient la dignité du Médiateur, et assistaient à nos sacrifices, qui réduisent à néant celui de la croix t Chers Frères, en quel abîme d'erreurs tombez-vous?
Mais, pour vous presser encore davantage : il n'y a point d'Église sans foi. Et comment croiront-Us, s'ils n'entendent? et comment entendront-ils, s'ils n'ont des prédicateurs 1 ? Et peut-il y avoir des prédicateurs où il n'y a point de pasteurs? Dis-moi donc, ô Église cachée, à laquelle Luther et Calvin ont eu leur refuge, d'où ils tirent leur succession, bien qu'il leur soit impossible de la montrer ; dis-moi, où étaient les pasteurs? Si c'étaient ceux de l'Église romaine, donc tu n'entendais qu'une fausse doctrine, contraire à celle des réformateurs ; donc tu recevais des sacrements mutilés, car ils ne les administraient pas d'autre sorte ; donc tu te pouvais sauver dans cette communion, et néanmoins c'est une chose assurée que l'on ne se peut sauver que dans la communion de la vraie Église. Et si l'on se sauvait en ce temps dans la communion de l'Église romaine, nous nous y pouvons sauver à présent2. Par conséquent, ô Église cachée devant que Luther te vînt découvrir, les pasteurs de l'Église romaine n'étaient pas tes véritables pasteurs. Que si tu étais régie par d'autres pasteurs, je demande que l'on m'en montre la liste, et que l'on me fasse voir les Églises qu'ils ont gouvernées et les chaires qu'ils ont remplies. C'est une chose impossible.
Car lorsqu'ils nous allèguent les hussites et les albigeois, Chrétiens, vous voyez assez combien cette évasion est frivole. Ces hussites et ces albigeois venaient