RATEURS
Pendant mon dernier séjour à Rome, j'avais prié Sa Sainteté le pape Léon XIII d'accorder à tous les Archiprêtres du diocèse d'Autun qui ne sont pas chanoines, le privilège d'avoir un habit de chœur spécial dont ils pourraient faire usage dans l'exercice de leurs fonctions.
Le Souverain Pontife a daigné accueillir favo-
rablemeat ma demand*;: Par un Bref donné sous Fanneau du Pécheur, le 2 mai 4882, Léon XIII concède à perpétuité à tous les curés du diocèse revêtus du titre et des pouvoirs d'Archiprètre, la faculté de porter un rochet simple, à manches étroites, avec une mozette de laine ou de soie noire (suivant les saisons) (1), laquelle sera bordée d*un ruban do couleur bleu foncé.
Dans cette distinction sollicitée par votre évêque et élevée par la bonté du Pape à la hauteur d*uDe institution canonique et permanente, vous voudrez bien, Messieurs les Archiprètres et chers Coopérateurs, trouver^ avec une nouvelle preuve de Taffectueux intérêt que je n'ai cessé de vous témoigner depuis huit ans^ le gage d'une conGance dont la douceur et la sûreté contribuent à m alléger le poids souvent accablant des sollicitudes et des responsabilités de Tépiscopat.
Elle vous rappellera, par un signe sensible, rimportauce que j'attache à la mission dont nos Statuts diocésains vous investissent, et au consciencieux accomplissement des devoirs qui découlent de cette mission (2).
(1) La mozette de laine sera portée depuis les premières Tèpres de la Toassaint just^u'aux compUes da Samedi Saint ; et la mozette de soie, depnis Pâqnes jnsqa*4 la Toussaint.
(2) Ces devoirs sont indiqués dans le plus grand détail à Tartiele VII du ch. iii des Statntt diocésains, n«« 1&3.167 (édition de 1880, p. 7377).
Elle aura enfin pour vous le précieux avantage de vous rattacher plus iiitim*;m(?ol, et comme par un nouveau lien de filiale soumission et de religieuse reconnaissance, à la personne sacrée du Vicaire de Jésus-Christ; au docteur dont la parole infaillible règle avec une souveraine et décisive autorité les questions relatives à la foi et aux mœurs; au Pasteur qu'une volonté expresse du Sauveur a établi pour pailredans le monde entier les agneaux etips brebis, et en qui tous, évëques, prêtres et fidèles, nous sommes heureux de vénérer et d'aimer le père le plus digne de notre respect el de notre aiïection.
Je promulgue aujourd'hui le Bref pontifical qui sanctionne le privilège accordé, sur ma demande, aux Archiprêtces du diocèse, présents et futurs, par le Souverain Pontife (f ).
J'ai chargé les Sœurs du Tiers-Ordre du Carmel d'Anlun de confectionner les nouvelles mozetles, conformément à un modèle qui demeurera dans les archives de la chancellerie.
MM, les Archi prêtres sont donc priés de s'adres- Bcr à cette communauté pour se procurer leur nouvel habit de chœur, ou d'écrire k M. le chancelier, qui se chargera d'en faire la commande en leur nom et de le leur expédier.
Il est désirable que MM. les Archiprètres convoqués aux retraites de 1882 aient leur nouvel habit de chœur, pour s*en servir aux cérémonies de clôture de ces saints exercices.
Veuillez agréer, Messieurs et chers Coopérateurs, l'expression de mes sentiments les plus dévoués en Notre-Seigneur.
LETTRE
BUB LE
RECUEIL DES PAROLES DE NOTRE-SEIGNEUR lÉSUS-CHRIST
TIBÉKS DES SAINTS KVANaiLES (11 MARS MDCGCLXXZII)
Ce précieux ouvrage^ édité au dix-septième siècle^ en latin et en français^ et approuvé par plusieurs évêquesj avait depuis longtemps complètement disparu du commerce, et ne es trouvait qu'à grandepeine dans quelques bibliothèques publiqttes,
M, tabbé Charles Perraudy chanoine honoraire dAutun^ secondé dans son travailpar M. Ath.Mourier, ancien directeur au ministère de l'Instruction pu* bliquCy et par M. le comte Bumbert de Montlaur, vient de 1er ééditer à T usage des fidèles. Son Eminence le cardinal-archevêque deParisabien voukiencoura-
^er cette publication^ en lui donnant rimprimatur, ^tr ouvrage est précédé dune lettre de Mgr févique d*Autun, qui rappelle j résume et confirme les approbations données à ce livre par les évêques de France au dix-septième siècle. (Semaine religieuse 4'AutuiiJ
Antoiii le 11 mars 1882.
Cher ami et bien-aimé frère,
L'an dernier, àSainie-Glotilde,j*eiitendais l'appel ■que vous adressiez à vos auditeurs en recommandant à leur attention un recueil des paroles de Notre-Seigneur Jésus-Christ, édité au xvii* siècle par un de nos Pères de TOratoire.
Que peut-on offrir de meilleur aux personnes vraiment désireuses de réaliser dans leur conduite ce que Tévèque de Meaux appelle si bien « rincompréhensiblesérieuxdelaviechrélienne », -qu'un recueil des paroles de Notre-Seigneur Jésus- Christ? De quel livre pourra-t-on répéter plus hardiment avec un prophète de Tantique Israël: « Mangez ce volume » : Comede volumen istud? (Ezéch.y 111,1.)
Maisce trésor étaitdeveau introuvable. Il fallait lui -rendre une existence nouvelle, et répondre à Ja pieuse avidité avec laquelle les chrétiens évan-
gélisés parvousen 1881 demandaient à seprc
ce volume si précieux du Verbe incarné, afin dtt
pouvoir s'en nourrir.
Vous vous èles mis à l'œuvre, et aujourd'hui vous nous rendez ce livre, enrichi de la belle préface dont le P. Amelote faisait précéder l'édition qa'il en avait donnée lui-même en 1669.
Les évéques de Franco lui firent, il y a deux siècles, l'accueil le plus empressé. Comment ne nous féliciterions-nous pas de le voir reparaître à |unc époqueoù tant d'attaques sont dirigées contre Jésus- Cbrist et son Eglise, et où ilestnéceasaîre que sa parole triomphe muins encore par les apologies des docteurs que par sa surnaturelle et divine efficacité ?
Je m'unis donc de toute mon âme à mes vénérables prédécesseurs pour approuver votre dessein de rendre à la piété des chrétiens d'aujourd'hui le substantiel aliment dont ils ont tantbesoin, afin ■de se rendre parfaits dans l'amour et dans l'imitation de Jésus-Christ.
Puissent les élans de foi el de charité auxquels donneront lieu [a lecture ella méditation assidues de ce petit livre retomber en bénédictionsabondanles sur votre ministère de prédication! En répandant la connaissance des pensées et des sentiments exprimés par le Sauveur Jésus, vous faites éminemment œuvre d'évangélisle : Optis fac evangeiislx, et j'aime à me persuader que ce bon Maître
voudra bien rendre à votre parole ce que vous aurez fait pour la sienne, en lui donnant de fructifier au centuple.
Tout à vous très tendrement ei fraternellement en Notre-Seigneur.