AOUT
Voici la fin de la journée.
Les moissonneurs au leint vermeil S'en vont. Leur tâche est terminée.
Sous la campagne abandonnée On voit mourir le grand soleil.
Le jour s'éteint, mais l'àtre flambe.
L'oison d'août se dore au feu clair.
Filles et garçons, troupe ingambe, Pour les vieux qui tirent la jambe Jetez donc un refrain dans l'air !
Des pots bruns le cidre ruisselle Et, devant nos gens attablés, Luit, sur la joyeuse vaisselle,
La fleur rouge, pareille à celle Oui met sa pourpre dans les blés.
Les fils du sol héréditaire, Debout, à la fin du repas, Chantent tous l'hymne volontaire, Plein du rude amour de la terre Qu'ils ont fait trembler sous leurs pas.
Leurs voix, éclatantes et pleines, Au loin réveillent les amis, Ouand du mois les chaudes haleines Emportent l'hymne dans les plaines Jusqu'aux villages endormis.
Écoutez ! car ce sont les hommes, Les pourvoyeurs du genre humain, Semeurs de blé, pileurs de pommes, Penchés sur la terre où nous sommes, La faux ou la charrue en main.
Garde bien, ô race aguerrie,